mardi 28 février 2012

Les 10 raisons pour lesquelles je suis accro à la lecture [Top Ten Tuesday]

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. 
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.


Le thème de cette semaine est : les 10 raisons pour lesquelles je suis accro à la lecture. Voici mes 10 raisons, dans le désordre.

J'aime lire...

1. Parce que lire me permet de m'évader et d'oublier mes soucis et mes tracas quotidiens



2. Parce que, quand je lis assise dans mon canapé, mon petit chat vient se lover sur mes genoux et me montre qu'il m'aime


3. Parce que je bois souvent une tasse de thé et grignote des petits gâteaux en lisant, et que j'aime ça


4. Parce que, dans le métro, avec un livre, le trajet passe plus vite


5. Parce que j'aime le contact du papier, cette sensation qu'une liseuse électronique ou même un magazine ne pourra jamais, jamais restituer


6. Parce que j'adooore l'odeur du papier et de l'encre qui sont utilisés pour imprimer les livres, surtout en format poche


7. Parce que lire me plonge dans des histoires à tel point passionnantes que je n'ai pas envie d'aller me coucher tant que je n'ai pas terminé le livre (et tant pis si je dors un peu moins)


8. Parce que j'apprends en lisant : je découvre de nouveaux mondes, de nouveaux endroits, de nouveaux auteurs...


9. Parce que je suis une bille en relations sociales et que les personnages des livres peuvent me donner des leçons de conduite en société (après, vous choisissez qui d'Elizabeth Bennet ou de Lisbeth Salander sera votre modèle)


10. Parce qu'un livre peut me faire rire... ou pleurer



Et vous, pourquoi aimez-vous lire ?

jeudi 23 février 2012

Rien ne s'oppose à la nuit, de Delphine de Vigan


Qui ne s'est pas préparé à cette lecture risque d'être fortement bouleversé. Et même chez le lecteur averti et préparé, le bouleversement ne peut être nié... J'ai achevé ce roman il y a quelques jours, après avoir longtemps hésité à me plonger dans cette autobiographie que je savais perturbante, pour en avoir lu de nombreuses critiques. 

Rien ne s'oppose à la nuit, c'est la quête, par sa fille, d'une mère insaisissable, atteinte de bipolarité, qui se dérobe à quiconque essaye de la comprendre, essaye de l'aider dans son malaise. Un roman dur, terriblement touchant, tout d'abord par la sincérité de Delphine de Vigan qui lutte pour écrire sa mère. Ecrire sa mère, elle ne peut pas y échapper et, même si la tentation d'abandonner est forte, le sujet s'est imposé de lui-même, hantant ses jours et ses nuits. Ecrire sa mère pour tenter de la comprendre, pour tenter de s'expliquer les raisons qui l'ont poussé au suicide à soixante ans passés. Ecrire sa mère pour ne plus être hantée par son fantôme et pouvoir, à nouveau, écrire autre chose.

J'ai toujours été touchée par l'écriture de Delphine de Vigan, sincère, fluide, poétique, mais d'un côté tellement brutale, tellement vraie. Ici, l'entreprise de l'écrivain est à la fois très courageuse et périlleuse : elle le dit elle-même, elle se heurte à l'éventualité de décrire quelqu'un qui ne serait pas sa mère, elle écrit sa vérité, mais certainement pas la vérité. Sa vérité qui peut lui risquer de se mettre toute sa famille à dos. 

Ce que j'aime dans ce roman absolument bouleversement, tellement les révélations qui y sont faites sont de l'ordre du domaine privé et doivent être terribles à écrire, c'est la pudeur que Delphine de Vigan parvient à conserver, tout au long du livre. J'aime également la sincérité de l'écrivain, ses réflexions et ses doutes sur un travail d'écriture qui la hante, qui entrecoupent les passages où l'auteur raconte sa mère. Le lecteur est plongé au coeur du processus d'écriture et n'ignore presque rien du travail de l'auteur : les entretiens avec ses oncles et tantes, le travail de documentation, les heurts et les différends avec la famille, les nuits d'insomnie... 

Je n'ai pas pu lâcher le livre pendant deux jours. Pendant deux jours, j'étais totalement absorbée par cette lecture. Une fois le livre refermé, il m'a fallu quelques minutes pour revenir à mes activités. Quelques minutes pendant lesquelles, hantée par la photo de sa mère en couverture du livre, je me suis dit que l'écriture a probablement permis à Delphine de Vigan de ne pas péter les plombs. J'admire cette femme pour son courage et la puissance de son écriture.

mardi 21 février 2012

Les livres que j'ai l'impression d'être la seule à connaître [Top 10 Tuesday]


Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. 
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.


Cette semaine, voici les livres que j'ai l'impression d'être la seule à connaître. Il n'y en a pas 10, car je choisis souvent mes lectures après en avoir entendu parler.



1. La véritable histoire de Ah Q, de Luxun

Voilà un livre que j'ai lu dans ma jeunesse, et que j'avais découvert en lisant Le Palanquin des larmes de Chow Ching Lie (j'aime bien lire les livres dont il est fait référence dans d'autres livres). Il s'agit de l'histoire d'un misérable mendiant chinois pendant la révolution de 1911. Ah Q cohabite avec un nombre impressionnant de poux (désolée, ce détail m'a marquée !) et rate tout ce qu'il entreprend. Pourtant, il parvient toujours à retourner la situation à son avantage et s'imagine donc que tout va bien pour lui. A travers ce livre assez drôle écrit en 1921, Luxun fait une critique satirique de la société chinoise et décrit l'abnégation du peuple chinois.



2. Le secret de Champollion, de Jean-Michel Riou

Pour une passionnée d'Egypte ancienne comme moi, cette lecture a été passionnante. Il s'agit d'une fiction écrite autour du déchiffrement de la pierre de Rosette par Champollion. Même si la fin est un peu décevante, cette lecture a été agréable.



3. Journée d'un opritchnik, de Vladimir Sorokine

Vladimir Sorokine est un écrivain russe contemporain, qui est, à mon goût, trop peu connu du public français. Son écriture très satirique et sa constante critique de la société lui vaut d'être très mal vu du pouvoir russe. Journée d'un opritchnik est un roman tout à fait original, parfois drôle, très loufoque, qui raconte la journée de l'opritchina (la garde rapprochée du tsar Ivan le Terrible, au 16ème siècle) bénéficiant d'une technologie futuriste. J'ai beaucoup aimé cette lecture et, si vous n'avez pas froid aux yeux, je vous la recommande !


Couverture

4. Gaietés de Russie, d'Alexandre Zinoviev

Là encore, un écrivain russe qui gagnerait à être plus connu en France. Gaietés de Russie raconte de manière très drôle les tribulations d'un ivrogne et de ses compagnons de bouteille dans l'URSS en fin de vie. Entre deux anecdotes d'un humour indéniable, on y trouve une satire acerbe de la société soviétique en pleine transition.



5. L'art de la supercherie, de Kevin Mitnick

Kevin Mitnick est un ancien hacker qui travaille maintenant pour le FBI. Dans ce livre, il explique comment il a réussi, en usant de la manipulation et de la persuasion, à déjouer les systèmes de sécurité informatique et à accéder aux données protégées de plusieurs sociétés et du Pentagone. Il s'agit là d'une lecture tout à fait édifiante, qui dévoile les "trucs" des hackers, dans le but pour le lecteur de ne pas se laisser piéger par les manipulateurs.


Et vous autres lecteurs, quels livres avez-vous l'impression d'être les seuls à connaître ?

jeudi 16 février 2012

C'est parti pour deux baby-challenges !

Cette année, j'ai décidé de participer à deux baby-challenges littéraires !

Les baby-challenges ont été initiés par la communauté Livraddict. Il existe un baby-challenge par genre littéraire. Le but est simple : à la fin de l'année, il faut avoir lu le plus de livres qui constituent la liste du baby-challenge.
Fin 2012, des médailles sont attribuées à chaque Livraddictien, en fonction du nombre de livres qu'il a lus :

Médaille d'or : 20/20
Médaille d'argent : 16/20
Médaille de bronze : 12/20
Médaille de chocolat : 8/20

Voilà un défi qui me plaît beaucoup et qui va m'inciter à lire un peu plus, d'autant que les listes d'oeuvres sont essentiellement constituées de livres que je voulais absolument lire ! Je n'ai donc plus d'excuse pour en repousser la lecture :)
Pour cette année, j'ai choisi de relever le défi pour les deux catégories vers lesquelles je me tourne le plus facilement : la littérature contemporaine et les classiques.

Au fur et à mesure de mes lectures, j'indiquerai en gras les livres que j'ai lus, et je mettrai un raccourci vers ce billet sur ma page d'accueil, pour que ce soit plus simple à suivre :)

Et maintenant, découvrez sans plus attendre les listes d'oeuvres :


EDIT du 14 octobre 2012 :


1. La couleur des sentiments de Kathryn Stockett (mon avis)
2. De l'eau pour les éléphants de Sara Gruen
3. L'ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon
4. Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan (mon avis)
5. Le cercle des poètes disparus de Nancy H. Kleinbaum (mon avis)
6. Oscar et la dame rose de Eric-Emmanuel Schmitt
7. La porte des enfers de Laurent Gaudé (mon avis)
8. Kafka sur le rivage de Haruki Murakami
9. Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer (mon avis)
10. La saga Malaussène, tome 1 : Au bonheur des ogres de Daniel Pennac
11. Ensemble, c'est tout de Anna Gavalda
12.Une prière pour Owen de John Irving
13. Le monde selon Garp de John Irving
14. L'insoutenable légèreté de l'être de Milan Kundera
15. A Mélie, sans mélo de Barbara Constantine
16. Le soleil des Scorta de Laurent Gaudé
17. Les coeurs fêlés de Gayle Forman
18. L'enfant de Noé de Eric-Emmanuel Schmitt
19. La part de l'autre de Eric-Emmanuel Schmitt
20. Cosmétique de l'ennemi de Amélie Nothomb

Score provisoire : 10/20




1. Les trois mousquetaires d'Alexandre Dumas
2. Orgueil et préjugés de Jane Austen
3. Jane Eyre de Charlotte Brontë
4. La confusion des sentiments de Stefan Zweig (mon avis)
5. Autant en emporte le vent, tome 1 de Margaret Mitchell
6. Cyrano de Bergerac de Edmond Rostand
7. Le comte de Monte-Cristo, tome 1 d'Alexandre Dumas
8. Les raisins de la colère de John Steinbeck
9. Les liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos
10. Des souris et des hommes de John Steinbeck
11. Nana d'Emile Zola
12. Les Malheurs de Sophie de la Comtesse de Ségur
13. Les Hauts de Hurlevent d'Emily Brontë
14. Le Joueur d'échecs de Stefan Zweig
15. Notre-Dame de Paris de Victor Hugo
16. Persuasion de Jane Austen
17. Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur
18. Au bonheur des dames d'Emile Zola
19. Hamlet de William Shakespeare
20. La ferme des animaux de George Orwell

Score provisoire : 8/20



Cette sélection me plaît beaucoup, et j'ai hâte de lire tous ces incontournables ! 

Et vous, que lirez-vous en 2012 ?

mardi 14 février 2012

Les 10 livres qui m'ont le plus émue [Top 10 Tuesday]

J'ai décidé de participer, le plus régulièrement possible, au Top Ten Tuesday.

Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. 
Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.

Voici le thème de cette semaine (j'avoue, pour un premier Top Ten Tuesday, qui plus est un jour de Saint-Valentin, on peut faire plus gai, mais il faut bien commencer !) : 

Les 10 livres qui vous ont fait pleurer (ou qui vous ont au moins émue)

C'est parti pour mon top 10 !




1. Des souris et des hommes, de John Steinbeck

Il s'agit probablement là d'un des livres les plus bouleversants que j'ai jamais lus. Très court mais écrit de manière tellement grave et crue, ce roman aborde les questions de la misère et de la solitude humaine. Alors qu'il décrit la manière tragique dont le rêve de George et Lennie s'écroule, Steinbeck pousse le lecteur à la compassion. La scène finale est absolument bouleversante.




2. L'écume des jours, de Boris Vian

Encore un roman bouleversant. Boris Vian a le don de faire passer le lecteur du rire (grâce à des jeux de mots et des inventions loufoques) au larmes : il s'agit d'une histoire d'amour vécue dans un monde en pleine mutation, qui devient toxique pour le couple. L'écriture touchante de Vian en fait un livre très poétique. Encore une fois, c'est la scène finale (avec la souris et le chat) qui, je crois, m'a le plus touchée.




3. La mort intime, de Marie de Hennezel

L'écriture franche mais pudique de l'accompagnement des malades en soins palliatifs. La lecture en est parfois difficile tellement l'émotion submerge le lecteur. Un fantastique livre sur l'amour des autres.




4. Si c'est un homme, de Primo Levi

La littérature concentrationnaire est toujours très touchante, mais c'est Primo Levi qui, je trouve, décris de la manière la plus détaillée, la plus crue et la plus réaliste ce qui s'est passé dans les camps. La lecture de ce petit livre est absolument bouleversante, et permet, je crois, de relativiser sa situation et de repenser sa relation aux autres.




5. L'insoutenable légèreté de l'être, de Milan Kundera

Le destin de quatre Tchèques déchirés entre la Tchécoslovaquie du Printemps de Prague puis envahie par l'URSS, Paris et les Etats-Unis. Ce roman aborde l'exil, la solitude, l'amour, la fidélité, et surtout la liberté. Je crois que c'est la scène de la mort de Karénine, le chien de Tomas et Tereza, qui m'a le plus émue.





6. La joueuse de go, de Shan Sa

Une magnifique histoire d'amour entre une jeune chinoise et un soldat japonais pendant la guerre de Mandchourie. Shan Sa écrit de manière très douce et très poétique, sans toutefois que son récit ne soit emprunt de la moindre mièvrerie. Ce qu'elle fait subir à ses personnages est très dur, bien que tout à fait romantique...





7. Le palanquin des larmes, de Chow Ching Lie

Le destin touchant d'une jeune chinoise mariée de force à 13 ans, mère de deux enfants à 16, puis exilée à Paris. Ce récit est une histoire vraie, écrite avec le coeur, de manière très sincère. Il s'agit également là du livre à travers lequel j'ai découvert le bouddhisme.




8. Madame Bovary, de Gustave Flaubert

Ah, Emma ! Quelle jeune fille ne s'est pas, un jour, identifiée à elle ? Grande idéaliste, Emma est continuellement à la recherche d'un bonheur qui était peut-être sous ses yeux. Car, au fond, ce roman est bourré d'ironie. L'agonie d'Emma, assortie à ses remords, restent probablement la scène la plus poignante de ce classique indémodable.




9. L'herbe bleue

Il s'agit là d'un livre que j'ai lu au début de mon adolescence, et qui m'avait beaucoup touchée. C'est le journal intime d'une jeune américaine de 15 ans qui, au cours d'une soirée, goûte à la drogue et n'en sortira jamais. Elle y décrit ses souffrances liées à la drogue et sa descente aux enfers. Edifiant.





10. Anna Karénine, de Léon Tolstoï

On compare souvent Anna Karénine à Emma Bovary. Mais, contrairement à Emma, Anna n'est pas une femme naïve qui s'est faite avoir par un homme. Anna n'éprouve pas ou peu de scrupules, ne se soucie que de sa personne et ne se suicide pas par désespoir, mais par rébellion, par vengeance. Par son suicide, elle veut punir ses proches. Ce qui est peut-être le plus touchant dans ce roman n'est d'ailleurs pas l'histoire d'Anna Karénine, mais bien l'amour heureux qui finit pas unir Lévine et Kitty...




Et vous, quels livres vous ont ému(e) / touché(e) / fait pleurer ? 
N'hésitez pas à laisser un commentaire !

mercredi 8 février 2012

Coup de coeur : Les Visages, de Jesse Kellerman


Attention, je vais vous parler là de mon plus gros coup de coeur littéraire depuis un petit moment, d'autant qu'il s'agit d'un genre dont je ne suis d'habitude pas tellement friande : le thriller.

Il est vrai que je me tourne assez rarement vers ce genre de littérature, pour des raisons que j'ignore (mais ça va changer, je vous rassure). J'avais entendu parler de ce livre, comme beaucoup de monde, à sa sortie, parce que la critique en avait beaucoup parlé et qu'il était en tête de gondole de toutes les librairies. A l'époque, je n'y avais pas porté d'attention, me disant tout bas "Bof, le thriller c'est pas pour moi". Et puis, quelques mois plus tard, lorsque le livre est sorti en poche et qu'il s'est retrouvé en tête de gondole du rayon poche des librairies, j'ai enfin daigné lire le 4ème de couverture. Et là, ce fut une révélation, je me suis dit : "Il faut que je le lise !" Je l'ai donc acheté, et je l'ai dévoré comme je n'avais pas aimé un livre depuis longtemps.

L'histoire :
Ethan Muller, galeriste new-yorkais, découvre une série d'étranges dessins dans les cartons d'un appartement miteux qui a été déserté par son locataire. Persuadé de se trouver devant la plus grande oeuvre d'art jamais réalisée, Ethan Muller décide d'exposer ces dessins, qui mêlent à un décor torturé d'innocents portraits d'enfants. Le succès est immédiat. Mais un policier à la retraite reconnaît dans les dessins les visages d'enfants victimes de meurtres irrésolus. Commence alors pour Ethan Muller un enquête qui le lancera à la poursuite de l'artiste introuvable et le plongera au coeur de bien des secrets...

Ce que j'en pense :
Pour son premier roman, Jesse Kellerman frappe très fort ! L'intrigue est très bien ficelée, et le personnage principal, Ethan Muller, possède une réelle profondeur psychologique : au fur et à mesure que son enquête avance, Ethan se plonge dans l'obsession et les doutes pour ne devenir que l'ombre de lui-même. L'alternance entre l'intrigue principale et la chronique familiale des Muller plonge le lecteur dans la confidence des secrets de la famille, avant même qu'Ethan en soit informé. On assiste là au combat d'un homme pour la vérité, qui finit par lui exploser à la figure.

L'écriture est fluide et précise, le lecteur n'a pas le temps de s'ennuyer : les descriptions sont détaillées mais concises, les dialogues efficaces. Je dois également saluer la traduction de Julie Sibony, qui participe franchement à la fluidité de l'ensemble. Les multiples références à l'art contemporain font d'Ethan Muller un personnage consistant et convaincant. Ses difficultés relationnelles avec son père, avec les femmes qu'il aime, et ses monologues intérieurs font de lui un personnage attachant, pour lequel le lecteur éprouve de la compassion.

Ce livre m'a redonné l'envie de lire des thrillers et des polars, tellement j'ai été prise par l'intrigue. J'ai hâte de pouvoir lire le second roman de Jesse Kellerman, Jusqu'à la folie, qui est sorti en octobre 2011.

Si vous avez lu Les Visages, dites-moi ce que vous en avez pensé dans les commentaires ! Si ça n'est pas encore fait, permettez-moi d'emprunter cette phrase à Harlan Coben : "Si vous n'avez pas encore lu Jesse Kellermann, ne perdez pas une seconde."

Les Visages, de Jesse Kellerman (trad. Julie Sibony), Editions Sonatine, octobre 2009, 22 €. 
En poche aux éditions Points, collection Points Thriller, 475 pages, janvier 2011, 7,80 €.

jeudi 2 février 2012

Critique livre : Tuer le père, d'Amélie Nothomb


Amélie Nothomb est, c'est le moins qu'on puisse dire, l'un des écrivains francophones les plus originaux de notre époque, je dirais même les plus loufoques. Et elle l'assume parfaitement. Cela fait maintenant vingt ans qu'elle écrit, et elle a publié de vraies petites merveilles.

J'ai souvent l'impression qu'Amélie Nothomb, soit on adore, soit on déteste. J'aimerais me situer entre les deux, si c'est permis. J'ai été une inconditionnelle d'Amélie Nothomb il y a une dizaine d'années : les meilleurs de ses romans sont pour moi Métaphysique des tubesStupeur et tremblementsRobert des noms propres et Hygiène de l'assassin. Du grand Nothomb bourré d'humour et d'originalité.

Néanmoins, j'ai commencé à me lasser de ses livres à partir d'Antéchrista et Biographie de la faim. La faute probablement à une recette qu'Amélie Nothomb semble réutiliser dans chacun de ses bouquins : les confessions autobiographiques teintées d'un humour qui prouve que l'auteur ne se prend pas au sérieux, un style libre où les néologismes sont légion. Pour le lecteur, je trouve que la sauce devient aigre...

Ce qui me dérange aussi de plus en plus chez Amélie Nothomb, c'est cette vélocité à écrire et à publier ses livres : je n'ai absolument rien contre les boulimiques de l'écriture - ni contre les boulimiques tout court, d'ailleurs -, mais à condition que les livres soient achevés. Car le problème est bien là : pour moi, les derniers livres d'Amélie Nothomb ne sont pas aboutis. Donc, soit Amélie Nothomb a fait le choix d'écrire vite pour être publiée à chaque rentrée littéraire, comme c'est le cas depuis vingt ans, soit elle n'a plus grand chose à écrire...

 

J'ai lu presque tous les livres d'Amélie Nothomb, et le dernier, Tuer le père, est de loin celui qui m'a le plus déçue : malgré une intrigue qui fonctionne, on regrette un livre trop court, et surtout la solution de facilité qui consiste à utiliser le motif du meurtre psychologique du père et du complexe d'Oedipe de manière tellement édulcorée, que ça ne ressemble plus qu'à une vulgaire psychologie de comptoir. Je pense qu'il s'agit là de deux motifs qui ont été abondamment étudiés et abordés durant tout le 20ème siècle, et que la moindre des choses, c'est de ne pas survoler le sujet.... C'est bien dommage, car ce livre se lit bien, de bout en bout. Amélie Nothomb sait intriguer son lecteur et lui donner l'envie de savoir comment finit l'histoire. 

Voici l'histoire : un jeune garçon passionné de magie est "adopté" par le plus grand magicien de Las Vegas et sa femme. Mais eu fil des années, le "fils", amoureux de la "mère", défie le "père". Une intrigue sur fond de tours de magie, de firedancers, d'acide et de LSD.

Interrogée par François Busnel (La Grande Librairie en septembre 2011) sur la raison d'écrire des romans si courts, Amélie Nothomb avait répondu que ses romans se prêtaient à la relecture. C'est un point de vue tout à fait personnel, mais je n'ai pas vraiment vu de double sens dans ce roman...


Ce que j'ai aimé dans ce roman :
  • Une intrigue bien ficelée, avec des rebondissements et des péripéties comme Amélie Nothomb sait les inventer et qui donne envie de finir le livre.
Ce que j'ai moins aimé :
  • La facilité du traitement psychologique des personnages : à moins d'être traités de manière profonde et novatrice, le meurtre psychologique du père et le complexe d'Oedipe sont des motifs qui ont été trop abordés pour être originaux.
  • L'écriture "automatique" d'Amélie Nothomb : j'ai souvent eu l'impression, à la lecture, d'être face que "premier jet" d'écriture, et qu'il n'y avait pas vraiment eu de relecture.