Depuis le temps que je voulais lire un roman de Franck Thilliez, c'est enfin chose faite avec Atomka. Et je dois avouer que je ne suis pas du tout déçue par ce thriller addictif, exactement comme je les aime.

L'atome, pour le meilleur et pour le pire
Lorsqu'un journaliste est retrouvé mort de froid dans un congélateur, les enquêteurs ne savent pas encore dans quoi ils s'engagent. En suivant les maigres indices dont ils disposent, Franck Sharko et Lucie Henebelle, équipiers à la police criminelle, découvrent ce sur quoi enquêtait le journaliste : une sombre histoire qui remonte à la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, en 1986, et qui les mènera au cœur de la recherche scientifique sur l'atome...

En attaquant Atomka juste après le Petit dictionnaire amoureux de la science de Claude Allègre, le sujet du nucléaire était encore tout frais dans ma tête. Sacrément bien documentée, l'intrigue est passionnante, le rythme vif et j'ai été tenue en haleine du début à la fin. 

Alors qu'Atomka est la troisième aventure du couple Sharko/Henebelle, je n'ai pas été perdue dans l'intrigue et n'ai pas été gênée par le fait de n'avoir pas lu les deux volets précédents. Même si l'auteur fait quelques allusions au passé de la relation Sharko/Henebelle qui semble déjà bien évoluée, il s'efforce toujours de rappeler les faits de manière succincte, de sorte que l'on comprend rapidement de quoi il est question. Très attachants, Franck Sharko et Lucie Henebelle sont dotés, à la fois en tant que personnages et en tant que couple, d'une dimension psychologique très intéressante qui m'a donné envie de suivre leurs aventures.

Enfin, le point fort de ce roman est pour moi l'écriture : dans un style vif, aux descriptions ultra-réalistes et sans la moindre longueur, Franck Thilliez nous transporte dans un monde où la science est capable de bien des choses, et pas que pour le bien de tous.

Vous l'aurez compris : j'ai adoré ce livre et n'ai qu'une hâte, lire les autres aventures de Franck Sharko et Lucie Henebelle !

Atomka de Franck Thilliez, Pocket, 2013, 604 pages

A lire également :
Le syndrome E et GATACA (Saga Sharko/Henebelle, tomes 1 et 2)
Angor (Saga Sharko/Henebelle, tome 4)

Qui était Einstein ? Qu’est-ce qu’un atome ? Comment connaît-on l’âge de la Terre ? Dans son Petit dictionnaire amoureux de la science, Claude Allègre lève le voile sur les énigmes de la nature et raconte la science de manière passionnée et passionnante. 

La science à la portée de tous 
La Science avec un grand S et toutes ses disciplines m’ont toujours fascinée. De quoi sommes-nous faits ? Comment l’univers a-t-il été créé ? Comment la nature fonctionne-t-elle ? Ce sont là des questions que je me suis posée plus d’une fois. Malheureusement, je fais partie de ces gens que l’enseignement scientifique au collège puis au lycée (à quelques exceptions près, je dois avouer avoir eu un ou deux professeurs passionnants) a plutôt contribué à éloigner des sciences qu’à l’en rapprocher… 

Avec le Petit dictionnaire amoureux de la science, j’ai vécu une expérience fabuleuse : non seulement j’ai trouvé la réponse à la plupart des questions que je me posais, mais j’ai en plus réalisé que non, je n’étais pas hermétique à la science, que oui, j’aimais même ça et que mon désamour n’était dû qu’au fait que l’on ne m’avais jamais réellement expliqué les choses de façon simple et captivante

Dans ce gros livre qui se lit avec passion, Claude Allègre égrène donc les lettres de l’alphabet en les peuplant de théories, de concepts scientifiques et de biographies succinctes de grands hommes de sciences. Il explore là toutes les disciplines scientifiques au sens propre du terme, c’est-à-dire basées sur l’observation de la nature, excluant donc les mathématiques (auxquelles il consacre tout de même une entrée, ce qui me va très bien). 

Physique, chimie, biologie, géologie, astrophysique, mécanique et j’en passe, tous les grands concepts, notions, théories et penseurs relatifs à ces disciplines sont expliqués de manière détaillée mais compréhensible pour le néophyte. Et c’est le point fort de ce livre : le discours est vulgarisé sans être grossièrement caricaturé (néanmoins, ne me demandez pas de vous ressortir la théorie de la relativité, n’exagérons rien). 

Enfin, il faut savoir que Claude Allègre, ancien ministre et connu pour ses positions, notamment sur le réchauffement climatique, fait passer quelques opinions personnelles non sans intérêt, dont certaines m’ont d’ailleurs beaucoup fait sourire (lisez l’entrée « Descartes »). 

En bref, si vous êtes à la recherche d’un livre de vulgarisation scientifique complet et passionnant, ne cherchez plus, vous l’avez trouvé ! 

Petit dictionnaire amoureux de la science de Claude Allègre, Pocket, 2013, 744 pages

Je remercie les éditions Pocket qui m'ont gracieusement offert ce livre.


Tiré au sort dans ma PAL alors qu'il y dormait depuis plus d'un an, Un père idéal s'est révélé être un thriller dur, touchant, poignant, mais efficace et à l'écriture surprenante. 

Tel père, tel fils
Edward Hunter revient de loin : il n'a que neuf ans lorsque son père est arrêté pour le meurtre d'un nombre incalculable de prostitués. Dès lors, Edward est sous le feu des projecteurs : ce gamin à la gueule d'ange deviendra-t-il, comme son père, un serial killer ? Toute sa vie, Edward s'est battu contre cette idée. Devenu citoyen modèle, il a tout fait pour oublier son passé. Jusqu'au jour où son épouse est froidement assassinée sous ses yeux par les braqueurs d'une banque. Commence alors pour Edward un périple à travers Christchurch, guidé par la vengeance...

Alors qu'il mettait en scène, dans son premier roman, Un employé modèle, un tueur froid, manipulateur et pas tellement sympathique, Paul Cleave fait ici clairement appel à l’empathie du lecteur. Et ça n'est pas bien difficile de s'attacher à ce pauvre Edward, contre lequel le sort semble s'acharner avec une injustice révoltante. Car au fond, la vengeance d'Edward est guidée par le désespoir d'un homme qui, en quelques secondes, a tout perdu. Avec maladresse et stupeur, le père de famille se découvre capable d'accomplir les actes les plus monstrueux.

Si l'intrigue est finalement assez prévisible, c'est dans la description de ces actes monstrueux qu'excelle Paul Cleave, et c'est à se demander si l'auteur ne traîne pas derrière lui un passé de tueur en série ! Les scènes de meurtres (car il y en a plus d'une dans ce roman) sont non seulement archi-violentes, mais surtout terriblement réalistes, et je ne peux que conseiller à ceux que la vue du sang effraie de ne pas s'aventurer dans la lecture de ce livre. J'ai été littéralement scotchée par le niveau de détail des descriptions, tout comme par l'extraordinaire capacité de Paul Cleave à restituer la douleur du deuil et du désespoir avec un réalisme saisissant.

Gore et poignant, Un père idéal est un thriller à la dimension tragique, qu'il ne vaut mieux pas lire si l'on est un peu déprimé. Malgré une intrigue et surtout une fin prévisibles, c'est un roman remarquable par la psychologie de ses personnages et son écriture.

Un père idéal de Paul Cleave, Le Livre de Poche, 2012, 429 pages


Vous vous souvenez probablement de mon enthousiasme suite à la lecture du Journal de Bridget Jones en mars dernier, alors que je frôlais la panne de lecture. Rebelote ce mois-ci, c'est dans ces mêmes conditions de coup de mou littéraire que j'ai tiré de ma PAL le tome 2, L'âge de raison. Ce qui me permet de confirmer une chose : Bridget Jones est le remède anti-déprime par excellence !

Bridget, la copine que j'aimerais tant avoir
C'est vrai, elle a tout pour elle, Bridget Jones : elles est drôle, gentille et très dévouée à ses amis. Elle fume un peu trop et croit surtout trop ce qu'il est écrit dans ces guides psychologiques pour célibataires, mais je lui pardonne, parce qu'elle me fait vraiment beaucoup rire. D'ailleurs je ne suis pas la seule : alors que je lisais le roman dans le métro, un jeune homme, qui visiblement lisait par-dessus mon épaule depuis quelques bonnes minutes, m'a demandé quel roman je lisais parce que, vraiment, c'est très drôle !

Dans ce tome, on retrouve tous les ingrédients qui avaient fait le succès du premier : un style journal intime, truffé d'exclamations et d'onomatopées qui collent au personnage de Bridget, des situations cocasses hilarantes et une histoire qui, bien qu'un brin moins intéressante que celle du tome 1, se lit toute seule.

Bref, la saga Bridget Jones est le nec plus ultra pour se dérider, souffler un grand coup quand on travers une petite déprime. Et avec le tome 3 en cours d'écriture, on n'a pas fini de s'amuser. Chouette !

Bridget Jones : L'âge de raison de Helen Fielding, J'ai Lu, 2004, 404 pages

Qu'elle était longue, cette absence ! Longue mais bénéfique, aussi. 

Il m'a fallu, ces deux derniers mois, faire une pause indispensable et considérablement stopper ma présence sur Youtube et, vous l'aurez remarqué, sur le blog. 

La faute à de nombreuses raisons, parmi lesquels beaucoup de fatigue, un projet personnel qui m'a demandé (et me demande encore) beaucoup de temps et d'énergie, et une envie de bloguer et de faire des vidéos de moins en moins présente, et qui aurait, j'en suis certaine, totalement disparu si je m'étais forcée à écrire et à filmer.

Cela fait plusieurs semaines que l'envie de faire des vidéos m'est revenue. J'y ai pas mal réfléchi et ce week-end, ça y est, je me suis lancée. J'espère sincèrement réussir à repartir sur un rythme constant, et vous proposer des vidéos de qualité que vous puissiez apprécier pleinement.

Aussi, je fais appel à vos suggestions : quel genre de vidéos aimeriez-vous trouver sur ma chaîne, en plus des habituels rendez-vous Acquisitions et Dernières lectures ? Des chroniques détaillées ? Des vidéos thématiques ? Dites-moi tout dans les commentaires !

Et sur ce, je suis très heureuse de vous retrouver et vous laisse avec mes dernières acquisitions.

Une lecture, un avis court, une note !
Pour lire mes avis détaillés (quand il y en a) sur chaque livre, cliquez sur le titre.

15 jours que je n'ai pas écrit une ligne sur ce blog, il était temps ! J'en profite d'ailleurs pour vous remercier de votre soutien, puisque vous êtes toujours nombreux à venir visiter ce blog et à me suivre sur Youtube, malgré mon absence prolongée, due à des projets qui me demandent toute mon énergie. Je vous rassure, je ne suis ni malade, ni déprimée, je manque simplement de temps pour toutes mes occupations. Merci pour les gentils messages que certains d'entre vous m'ont envoyés et j'espère sortir de mon tunnel très bientôt !

Aujourd'hui donc, je sors la tête de l'eau pour partager avec vous mes lectures du mois d'octobre. Mon rythme de lecture est toujours aussi lent, mais régulier, puisque j'ai lu 4 livres ce mois-ci, parmi lesquels deux gros pavés qui pourraient compter double ;-).



Un thriller ésotérique dans lequel je me suis sentie un peu perdue, puisqu'il s'agit du huitième tome d'une saga, et que je ne le savais pas. Globalement, je n'ai pas été convaincue par ce roman et son personnage principal aux aventures un peu trop "grosses" pour être vraisemblables.
Ma note : 12/20



L'Âge de raison de Helen Fielding
Après le flop Giacometti-Ravenne, j'ai fait appel à ma bonne copine Bridget Jones pour ne pas laisser la panne de lecture s'installer. Efficacité redoutable ! Même s'il est un cran en dessous du premier tome, L'Âge de raison m'a fait rire et la compagnie de Bridget m'a clairement remonté le moral.
Ma note : 16/20



Un père idéal de Paul Cleave
C'est le livre que j'ai tiré au sort dans ma PAL pour ce mois-ci, et je ne regrette pas du tout ! J'avais adoré Un employé modèle, celui-ci est tout aussi bon bien que beaucoup plus sombre. Dans ce roman, Paul Cleave fait appel à l'ampathie du lecteur et se révèle particulièrement doué pour décrire le désespoir et les coups de folie qui peuvent en résulter. Un thriller à dévorer !
Ma note : 16/20



Petit dictionnaire amoureux de la science de Claude Allègre
Cela faisait longtemps que j'avais envie de relire un ouvrage de vulgarisation scientifique. Celui-ci explore toutes les disciplines scientifiques basées sur l'observation de la nature (donc pas de mathématiques) et contient des entrées très, très intéressantes. Ce livre est idéal pour ceux qui souhaitent avoir une idée globale des termes, théories et génies des sciences sans avoir à se plonger dans des ouvrages incompréhensibles.
Ma note : 18/20


Et vous, qu'avez-vous lu ce mois-ci ?


Un mystérieux secret mêlant Templiers et franc-maçons, initié au XIIème siècle et encore jalousement gardé de nos jours. Sur le quatrième de couverture, Le Temple noir s'annonçait trépidant, addictif et plein de suspense. C'était sans compter une intrigue à rallonge et un commissaire Marcas qui ne m'a pas du tout convaincue...

Templiers vs. Franc-maçons
Il faut dire que, dès le départ, je suis partie avec un handicap de taille : lorsqu'il m'a été proposé par les éditions Pocket, j'ai choisi Le Temple noir pour son quatrième de couverture et son genre prometteur, le thriller ésotérique, sans avoir compris qu'il s'agissait du huitième tome d'une série (oui, quelquefois, mes neurones ne sont pas parfaitement connectés). Et autant vous dire que cette erreur est préjudiciable, puisque les auteurs passent leur temps à faire référence aux événements qui se sont déroulés dans les sept tomes précédents. En m'aidant des notes de bas de page, de l'avant-propos et d'un peu de jugeote, j'ai réussi à comprendre tant bien que mal les relations de cause à effet qui peuplent l'intrigue, mais je suis clairement passée à côté d'une bonne partie du livre.

D'une manière générale, j'ai plutôt apprécié ce roman, mais ma lecture s'est révélée assez pénible en raison de l'intrigue trop longue et du personnage principal, le commissaire Antoine Marcas, qui ne m'a à aucun instant paru vraisemblable. Après avoir découvert le trésor des Templiers dans le tome précédent, le policier franc-maçon (si vous l'oubliez, il vous sera assez répété que Marcas est un "frère") est ici aux trousses d'un ancien franc-maçon anglais qui a quitté son obédience pour se consacrer à la quête du secret (après le trésor) des Templiers, et qui passe son temps à zigouiller des prêtes et à déterrer des reliques du Moyen-Âge. Je force un peu le trait, certes, mais j'ai eu un peu de mal à gober ce savant mélange de Templiers, de franc-maçons, de complots ourdis par les Etats et le Vatican, le tout reposant sur les épaules étroites d'un commissaire de police français (mais franc-maçon) spécialisé dans les affaires ésotériques.

Malgré cela, Le Temple noir présente de bons côtés : un style réellement bon et des scènes très réalistes (notamment les scènes de torture), une intrigue "historique" très intéressante et des de réels moments de suspense. Néanmoins, ces avantages sont diminués par une trame beaucoup trop longue, au rythme inégal, qui fait parfois perdre le fil conducteur

Malgré des points positifs, Le Temple noir est donc pour ma part une lecture en demi-teinte, qui m'aurait probablement rendue plus enthousiaste si j'avais lu les tomes précédents.

Le Temple noir d'Eric Giacometti et Jacques Ravenne, Pocket, 2013, 730 pages


Elle semble si forte, si sûre d'elle et pourtant il suffit de si peu pour la terroriser. Thriller psychologique machiavélique, Juste une ombre est un roman fascinant, terrifiant et terriblement excitant !

La proie de l'ombre
Cloé a réussi : à moins de quarante ans, elle est sur le point de devenir PDG de l'agence de communication dans laquelle elle travaille. Dévorée par l'ambition, elle ne fait qu'une bouchée des faibles et n'hésite pas à écraser les autres pour s'imposer. Jusqu'à ce qu'un soir, dans la rue, une étrange silhouette lui donne la peur de sa vie. Après cette nuit, rien ne sera plus comme avant : Cloé se sent traquée par l'ombre, sans jamais pouvoir le prouver. Jusqu'à tout perdre...

Juste une ombre est de ces romans qui, une fois commencés sont, tels une bombe à retardement, impossibles à désamorcer. Dès les premières pages, vous vous retrouvez happé par une intrigue folle qui vous laissera hors d'haleine. Comme une corde tendue en permanence, le suspense est à son comble du début à la fin, et s'avère particulièrement insoutenable dans les derniers chapitres.

Dans ce roman, Karine Giebel rassemble tous les ingrédients qui font un excellent thriller : une intrigue semblant tout droit sortie de l'imagination d'un psychopathe, un rythme palpitant, des personnages profonds et des rebondissements auxquels personne ne s'attend. Le tout est servi par une plume ferme, un style travaillé, au juste milieu entre description et dialogues.

Premier roman de Karine Giebel que je lis, Juste une ombre m'a fait frissonner, vibrer, m'a terrifiée et m'a hantée. Bref, c'est un sans faute.

Juste une ombre de Karine Giebel, Pocket, 2013, 606 pages

Une lecture, un avis court, une note !
Pour lire mes avis détaillés (quand il y en a) sur chaque livre, cliquez sur le titre.

Septembre a démarré pour les chapeaux de roues pour moi côté boulot, et j'ai eu beaucoup moins de temps pour la lecture. Et ce rythme semble bien parti pour durer. Néanmoins, j'ai réussi à lire 4 livres ce mois-ci, tous de bonnes surprises ! 



Un bon thriller psychologique très bien écrit, mais qui souffre de la soumission de Colombe, le personnage principal. Le roman aurait mérité un peu plus de "peps".
Ma note : 14/20



Une belle chronique du New York des années 50, à travers le quotidien de cinq jeunes dactylos. Un roman au charme désuet, qui se lit comme un documentaire.
Ma note : 15/20


     

Un double livre très drôle, qui décrypte avec beaucoup d'humour les comportements humains du point de vue des chats. Idéal pour les malicieux et les amis des chats.
Ma note : 16/20



Juste une ombre de Karine Giebel
Une superbe découverte ! Un thriller psychologique exactement comme je les aime : bourré de suspense, surprenant, diabolique et terriblement bien écrit. Je vous le conseille vivement si vous n'êtes pas trop sensible et vais m'intéresser de près aux autres romans de Karine Giebel.
Ma note : 18/20


Et vous, qu'avez-vous lu ce mois-ci ?

     

Cela faisait déjà quelque temps que j’avais repéré ces deux livres qui figuraient en bonne position dans ma wish-list. Alors, lorsque les éditions Pocket m’ont proposé la version poche, j’ai évidemment sauté sur l’occasion ! Un petit livre très drôle qui plaira à coup sûr à tous les amateurs d’humour et de jeux de mots félins. 

Chat va vous faire rire !* 
Dans cette version poche, les éditions Pocket ont joué la carte de l’originalité en rassemblant les deux livres en un seul volume, d’une manière que l’on peut retrouver dans certaines éditions jeunesse par exemple : pour passer de l’un à l’autre, il suffit de retourner le livre, un format pratique et agréable, qui n’empiète pas sur le confort de lecture.

Comment aimer son maître quand on est un chat et Comment domestiquer son maître quand on est un chat adoptent tous deux le même principe : le point de vue d’un chat sur l’homme, cette grosse brute indisciplinée. Le premier se concentre uniquement sur l’amour sous toutes ses formes (de l’amour platonique à l’amour tarifé), tandis que le second est plutôt une sorte de vade-mecum, de guide de survie du chat en territoire humain (comprenant tous les trucs et astuces pour faire croire à l'homme que c'est lui, le maître du logis). C’est hilarant d’un bout à l’autre, à condition d’apprécier l’humour vache et les jeux de mots parfois un poil lourdingues.

Heureux propriétaires de chats, vous reconnaîtrez votre facétieux animal dans bien des situations, ses attitudes parfois distantes, ses bêtises, ses câlins, et vous vous reconnaîtrez vous, gaga devant cette petite boule de poil qui vous mène par le bout du nez.

Enfin, pour ceux que les minous laissent indifférents, Comment aimer son maître quand on est un chat peut être tout aussi drôle (car il se concentre bien plus sur les tares humaines que sur celles des félins), mais il perd tout de même un peu de son charme.

Comment aimer son maître quand on est un chat / Comment domestiquer son maître quand on est un chat de Monique Neubourg, Pocket, 2013, 247 pages

Je remercie chaleureusement les éditions Pocket qui m’ont gracieusement envoyé ce livre.

* Désolée pour ce jeu de mots pourri, mais je reste dans le thème et dans le ton de l'ouvrage :)


Le destin de cinq jeunes femmes travaillant comme secrétaires en attendant leur mariage. Douce chronique du quotidien de femmes ordinaires dans le New York des années 50, Rien n'est trop beau est un roman au charme désuet, à lire comme un documentaire.

Sois belle et marie-toi
Caroline, April, Barbara, Gregg et Mary Agnes, toutes ont un point commun : elles attendent patiemment le jour de leur mariage pour qu'enfin leur (vraie) vie commence. En attendant leur heure, elles travaillent au pool des dactylo d'une grande maison d'édition. Pour certaines comme Mary Agnes, ce boulot n'est qu'une obligation sociale, histoire d'occuper leur temps utilement avant de trouver un homme à épouser. Pour d'autres comme Caroline, ce passe-temps se transforme en véritable sacerdoce, donnant un sens à leur vie. 

Prises en tenaille entre le boom libertaire de l'époque et le poids des conventions toujours présentes, les cinq jeunes femmes sont à la fois témoins et actrices de l'évolution en profondeur de toute la société américaine. Si elles ont désormais accès à des postes clés, il semble naturel qu'une femme démissionne lorsqu'elle se marie pour vivre au crochet de son époux. Alors que les jeunes hommes réclament à corps et à cri des relations sexuelles hors mariage, une femme qui n'est pas vierge avant de s'être mariée est encore considérée comme une traînée. 

Enorme succès de librairie à sa parution en 1958, Rien n'est trop beau décrit l'évolution de la femme dans une société encore largement dirigée par les hommes. Pour l'écrire, Rona Jaffe s'est inspirée des quatre années qu'elle a passées comme secrétaire dans une maison d'édition, et s'inspire donc de sa propre expérience pour décrire le quotidien de ses personnages. Résultat, le récit est authentique, vivant et a la portée d'un documentaire. C'est la charmante chronique d'une époque qui n'est finalement pas si lointaine de la nôtre...

Rien n'est trop beau de Rona Jaffe, le Livre de Poche, réédité en 2012, 669 pages


C’est après en avoir vu de nombreuses éloges sur la blogosphère que j’ai entamé la lecture, cet été, du Voisin de Tatiana de Rosnay. Moi qui n’avais encore rien lu de cet auteur, j’ai plutôt apprécié ce thriller psychologique qui manque néanmoins de piquant. 

L’enfer, c’est le voisin du dessus 
Colombe Barou est une femme ordinaire, sans histoire. Epouse et mère, elle ne fait d’ombre à personne et mène une vie plate et sans relief. Lorsqu’elle emménage dans son nouvel appartement, sa vie bascule. La raison de cette descente aux enfers ? Un voisin du dessus tyrannique et machiavélique qui s’évertue méthodiquement à lui gâcher l’existence… 

Mon avis sur ce roman est assez paradoxal : j’ai réellement apprécié sa lecture (bien que je n’ai pas été littéralement « plongée » dedans), mais les remarques qui me viennent à l’esprit à l’heure d’écrire cette chronique sont plutôt en demi-teinte. Pour moi, ce roman, alors qu’il s’ouvre sur une intrigue au potentiel fort, manque de piquant à cause d’une unique chose : le personnage de Colombe. En effet, l’héroïne, omniprésente et unique point de focalisation du récit, est gauche, mollassonne, cul-cul. Bref, elle manque cruellement de caractère et son manque de personnalité affecte directement le rythme du roman, sans qu’aucun personnage plus « punchy » (à part peut-être sa sœur, mais elle n’apparaît pas si souvent) ne vienne contrebalancer et cadencer l’ensemble. 

Au niveau de l’intrigue, j’ai été réellement surprise par le caractère machiavélique, voire désaxé du voisin de Colombe. Je ne m’attendais pas vraiment à un tel comportement et j’espère ne jamais croiser une personne de ce genre dans ma vie. 

Côté style, j’ai trouvé l’écriture de Tatiana de Rosnay sobre, très axée sur la psychologie des personnages. On est là en plein centre des émotions de Colombe, et l’effet obtenu est plutôt réussi. 

Ainsi, malgré un personnage principal que j’aurais aimé secouer par moments, j’ai plutôt passé un bon moment avec Le Voisin, sans toutefois pouvoir qualifier ce roman d’inoubliable. 

Le Voisin de Tatiana de Rosnay, France Loisirs, rééd. 2012, 248 pages


Quel plaisir de retrouver les personnages si attachants de la trilogie de Katherine Pancol. Ce roman frais, touchant et optimiste a embelli mon été et c'est avec un pincement au cœur que j'ai achevé cette trilogie.

Les amoureux sont tristes quand ils sont seuls
Après la tragédie à laquelle elle a dû faire face (dans La valse lente des tortues), Joséphine est rongée par le doute et la culpabilité. Celle qui a accompli tant de choses se rabaisse à nouveau. Encouragée par son éditeur, ses filles et son amie Shirley, elle relève enfin la tête et s'atèle à l'écriture d'un nouveau roman. 

Dans ce troisième tome, les personnages continuent leur évolution : Hortense poursuit sa quête de célébrité dans le monde de la mode, Zoé entre dans l'adolescence, Alexandre apprend à vivre sans sa mère, Henriette prépare sa vengeance, et j'en passe et des meilleures. C'est un réel plaisir de tous les retrouver, de partager les petits et grands moments de leur vie. Une fois encore, Katherine Pancol prouve que ses personnages ne sont pas seulement des êtres de papier, mais de véritables êtres auxquels le lecteur s'attache comme à de vraies personnes.

Ici, plus que dans les deux tomes précédents, l'amour occupe une place centrale. Joséphine et Philippe, Hortense et Gary, Zoé et Gaétan, Shirley et son mystérieux inconnu... que l'on ait 15, 20 ou 40 ans, être amoureux rend toujours tout chose et donne des papillons dans le ventre. On se tourne autour, on s'aime, on se hait, on se repousse, avant d'enfin tomber dans les bras l'un de l'autre. Avec beaucoup de simplicité, Katherine Pancol décrit parfaitement les comportements que l'amour peut engendrer.

A la fois extraordinaires et pleines de simplicité, les aventures que vivent les personnages du roman sont une belle tranche de vie dans laquelle chacun pourra se reconnaître. En créant des personnages auxquels chaque lecteur peut s'identifier, Katherine Pancol a fait la force de sa trilogie, qu'il est décidément bien difficile de refermer.

Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi de Katherine Pancol, Le Livre de Poche, 2011, 939 pages

Lisez mon avis sur :


Devant le matraquage médiatique dont il a fait l'objet, c'est par curiosité que je me suis décidée, après plusieurs mois d'hésitation, à me lancer dans la lecture de Cinquante nuances de Grey. Hésitation qui aurait dû me mettre la puce à l'oreille : rarement une lecture aura été pour moi aussi pénible et dénuée d'intérêt.

Le grand amour commence par SM...
Quiconque a un tant soit peu écouté le bruit qui a accompagné la sortie du livre en connaît l'histoire : Anastasia Steele, naïve étudiante en littérature, fait la rencontre de Christian Grey, homme d'affaires richissime à l'ego surdimensionné. Ayant mis le grappin sur la jeune donzelle, Grey la harcèle jusqu'à ce que celle-ci accepte de partager avec lui ses fantasmes sado-masochistes...

J'ai certes un peu forcé le trait dans mon résumé de l'intrigue, mais pas tant que ça finalement. Parce que la première chose que je dois vous signaler, c'est que ce roman est dépourvu d'intrigue : les choses sont posées pratiquement dès le départ, et les 500 pages du bouquin consistent à enchaîner les scènes érotiques dans des lieux différents. Ah si, entre deux ébats, vous avez également droit aux épanchements coupables de la pauvre Ana, qui comprend qu'elle se fait rouler dans la farine par un pervers, ce qui ne l'empêche pourtant pas de se jeter à nouveau dans ses bras à la prochaine rencontre. 

Comprenez-moi bien : le sujet sado-masochiste en soi ne me dérange pas, mais encore faut-il que l'intrigue soit intéressante. D'ailleurs, les scènes érotiques qui pullulent dans ce livre ne sont pas si choquantes que l'on veut bien nous le faire croire : ouvrez n'importe quel roman contemporain (Blue Jay Way de Fabrice Colin, par exemple), et vous y trouverez des scènes plus réalistes et parfois plus dérangeantes. Ici, les scènes sont, à quelques détails près, toutes les mêmes, et l'on finit par vite s'ennuyer. Les personnages, creux, agaçants au possible et pas attachants pour deux sous, ne rattrapent malheureusement pas l'ensemble.

Enfin, la dernière chose que je déplore dans ce livre est le style : pauvre, redondant et vulgaire. Les répétitions y sont tellement nombreuses que vous pouvez prédire à l'avance quels mots seront utilisés pour décrire les (mêmes) situations : "Je me mordille la lèvre intérieure", "Oh mon dieu !", "Et maintenant, je vais vous baiser, Ana Steele". Et là, nous en venons au fait : est-il indispensable, dans un roman érotique, d'user d'un langage vulgaire pour éveiller le désir du lecteur ? Pire, quel est l'intérêt de placer, dans la bouche d'une jeune fille, qui plus est étudiante en littérature, des mots comme "merde" et "oh putain" à chaque page ? Je ne suis pas une adepte du langage châtié, ne vous méprenez pas, mais je me demande simplement ce que ces jurons apportent au récit !

Bref, vous l'aurez compris, cette lecture a été très pénible et n'a éveillé aucun fantasme chez moi. J'ai été atterrée par la stupidité de l'héroïne, l'antipathie dégagée par Grey et la pauvreté de l'écriture. Il semblerait que, sur les trois tomes de la trilogie, ce premier opus soit le moins bon : je n'exclus donc pas la possibilité de lire la suite un jour. Mais ce ne sera décidément pas pour maintenant, laissez-moi me remettre de cette mauvaise expérience d'abord.

Cinquante nuances de Grey, tome 1 de E.L. James, JC Lattès, 2012, 551 pages


Une enquête rondement menée, une intrigue surprenante, un Harry Bosch toujours aussi attachant… avec Volte-face, Michael Connelly est au sommet de son art, pour le plus grand plaisir du lecteur.

Du côté de l’accusation 
Vingt-quatre ans après sa condamnation pour le meurtre d’une fillette de douze ans, Jason Jessup est relâché après qu’une analyse ADN semble le disculper. Mais le bureau du procureur de Los Angeles ne l’entend pas de cette oreille, et confie le dossier à Mickey Haller, habituellement avocat à la défense, dans le but de renvoyer Jessup en prison. Pour mener à bien cette affaire qui semble perdue d’avance, Haller impose son demi-frère, Harry Bosch, comme enquêteur et reprend le dossier depuis le début. 

Cette fois-ci, Harry Bosch partage la vedette avec son demi-frère, Mickey Haller, qui se retrouve narrateur. L’originalité de ce récit est qu’il comporte deux "pôles" : le procès, de la préparation au verdict d’une part, et l’enquête d’Harry Bosch qui lui est liée, d’autre part. Malgré quelques sous-entendus que l’on comprendra certainement mieux si l’on a lu les romans précédents de Connelly, les deux frères travaillent main dans la main pour gagner leur procès.

A mis chemin entre le polar et le thriller juridique, Volte-face est un roman diablement efficace, au suspense entier. Une fois l’intrigue mise en place, le récit se déroule de lui-même et vous assistez, comme si vous y étiez, au procès qui s’écrit sur les pages. Comme dans une bonne série judiciaire, vous êtes happé par l’intrigue et vous prenez le final en pleine face. Car Connelly, même après une vingtaine de romans mettant en scène Harry Bosch, parvient encore une fois à surprendre son lecteur, et c’est ce qui fait le succès de ses livres. 

Volte-face de Michael Connelly, Le Livre de Poche, 2013, 528 pages


Un univers tordu, une atmosphère pesante, des personnages errants dans une vie qui ne semble pas la leur... Blue Jay Way est un ovni littéraire à mi-chemin entre le thriller et le roman contemporain, où le style et le suspense règnent en maîtres. Un livre déroutant et surprenant.

L.A., antichambre de l'enfer
Jeune franco-américain en recherche d'identité, Julien devient le précepteur de Ryan, fils à la dérive d'une romancière à succès et de son ex-mari producteur à Hollywood. Il s'installe à Blue Jay Way, la somptueuse villa dans laquelle Ryan et ses amis mènent une existence dépravée et désœuvrée. Séduit par cette vie douceâtre et sans conséquences, Julien engage une relation avec Ashley, la nouvelle épouse du père de Ryan. Jusqu'à ce que sa disparition précipite le jeune homme dans un enfer brûlant où la réalité se mêle à la fiction.

Attendez-vous à être dérouté par ce roman qui mélange avec brio thriller, policier et réflexions philosophiques sur un monde moderne dans lequel il est de plus en plus dur de trouver sa place. Avec un suspense insoutenable, Fabrice Colin déploie une triple intrigue (l'histoire de Julien et deux intrigues secondaires qui n'ont, à première vue, rien en commun) de laquelle il est impossible de se détacher. Les personnages sont profonds, travaillés, et suscitent sympathie ou dégoût, mais ne laissent pas indifférent.

Ecrit dans un style pur et réaliste, parfois trash, Blue Jay Way met en scène une Los Angeles maléfique, à l'atmosphère lourde, une ville diabolique qui semble irréductiblement attirer ses habitants vers le vice. Les scènes de sexe violent, de soirées dissolues et l'oisiveté de la jeunesse dorée d'Hollywood constituent un clin d’œil insistant à l'œuvre de Bret Easton Ellis, la provocation en moins. 

S'il ne plaira certainement pas à tout le monde, Blue Jay Way est un excellent roman ultra contemporain dont le final vous mettra une claque en pleine figure.

Blue Jay Way de Fabrice Colin, Le Livre de Poche, 2013, 552 pages