Voilà un tout petit livre, déniché dans une brocante, que je souhaitais lire depuis longtemps après avoir entendu Katherine Pancol dire en interview qu’il s’agissait certainement, parmi tous ses livres, de celui qu’elle aimerait le plus être lu. C’est donc avec curiosité que je me suis plongée dans sa lecture. Et en effet, il vaut sacrément le détour. 

"La lecture n'est pas une activité innocente. On n'en ressort pas toujours indemne"
Kay Bartholdi est libraire à Fécamp. Après la visite, en son absence, d’un mystérieux Américain demandant qu’elle lui envoie des livres pendant son voyage en France, elle accompagne sa première commande d’une lettre pleine de curiosité. S’engage alors rapidement entre les deux personnages un dialogue passionné sur les livres, qui ne tardera pas à se transformer en joute verbale au cours de laquelle les personnages se dévoilent par lettres interposées. 

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de roman épistolaire, et encore moins de cette vivacité. Au fil des lettres, les personnages s’affirment, se cachent, s’ouvrent et se confient. Le ton de la discussion est tantôt poli, tantôt enflammé, tantôt sombre, tantôt facétieux. En un peu plus d’une centaine de pages, Katherine Pancol explore toute une palette d’émotions et renvoie ses personnages à leurs rêves et à leurs souvenirs. 

Ce livre est si magnifique que j’ai pris mon temps pour le lire. Je me suis délectée de chaque mot, lu et relu lentement pour faire durer le plaisir. J’ai retrouvé là le souffle de vie, l’aspiration au bonheur et le plaisir des choses simples que j’avais tellement aimés dans la trilogie Joséphine Cortès, écrite bien des années plus tard.

Un homme à distance est également un bel hommage aux livres qui nous construisent. "J’ai appris la vie dans les pages des livres", écrit Kay Bartholdi. Et c’est avec des livres comme cela qu’on apprend le plus.

Un homme à distance de Katherine Pancol, Le Livre de Poche, 2004, 153 pages

Côté lectures, le mois de juillet a été plus riche, mais surtout plus mouvementé que le mois de juin. J'ai lu plus de livres, mais j'ai eu besoin de plusieurs lectures intermédiaires pour souffler entre deux polars, et j'ai aussi abandonné deux romans.


La sélection du Prix des Lecteurs du Livre de Poche est de plus en plus noire au fil des mois, et il me semble avoir de plus en plus de mal à m'en remettre. Je la trouve également un peu moins intéressante que l'année dernière, même si le dernier roman de la sélection de juillet, Quatre racines de blanches de Jacques Saussay, que je suis en train de terminer, me semble prometteur. 

Une terre si froide d'Arian McKinty s'inscrit dans la plus pure tradition du polar irlandais, avec un humour noir très particulier. L'originalité ici est que l'intrigue a lieu dans la région de Belfast au début des années 80, en pleine guerre d'Irlande du Nord. Les affrontements entre catholiques et protestants et l'atmosphère suffocante de cette époque sont parfaitement reproduits, c'est comme si on y était.

En revanche, j'ai abandonné Soudain trop tard de Carlos Zanon, un roman archi-noir qui nous plonge dans les bas-fonds de Barcelone, dont la violence gratuite et l'ambiance glauque m'ont rapidement dégoûtée.

      
La sélection de juillet du Prix des Lecteurs 2014 du Livre de Poche

J'ai également abandonné Guerre de Larissa Ione, le tome 1 de sa nouvelle saga Les Cavaliers de l'Apocalypse. Le quatrième de couverture annonçait un remake prometteur de l'Apocalypse version bit-lit, mais l'intrigue semblant tirée du chapeau et le manque de rythme et de recherche dans l'écriture ont rapidement eu raison de ma patience.


Heureusement, juillet a été aussi marqué par de très belles découvertes en romans et essais. 

Gros coup de cœur pour Purgatoire des innocents de Karine Giebel, qui excelle décidément dans le thriller psychologique. A ne manquer sous aucun prétexte si vous êtes un amateur du genre !

Et ENORME coup de cœur pour Un homme à distance de Katherine Pancol, un roman épistolaire que j'ai savouré avec délectation et qui m'a donné envie de lire ou relire les grands classiques de la littérature, ainsi que des œuvres plus méconnues mais tout aussi belles. J'aime par-dessus tout cette qualité qu'a Katherine Pancol à injecter la vie dans ses romans et à nous en faire apprécier les moindres détails.

     

Les essais ne sont pas en reste avec trois belles lectures : Commencer à méditer de Thich Nhat Hanh et Vous pouvez être ce que vous voulez être de Paul Arden, dont je vous ai déjà parlé sur le blog, et un livre de cuisine juive sépharade, La cuisine du Shabbat en 30 minutes de Laurence Orah Phitoussi, idéal pour ceux qui, comme moi, aiment découvrir les traditions étrangères par l'assiette.

        


Et vous, qu'avez-vous lu ce mois-ci ?


Heureux ceux qui s'épanouissent en renonçant à la médiocrité, qui vainquent leur timidité pour donner le meilleur d'eux-même ! C'est là l'idée principale de Vous pouvez être ce que vous voulez être, un petit livre qui donne la pêche et invite à se surpasser pour être meilleur demain qu'on ne l'était hier.

"Celui qui ne se trompe jamais a peu de chances de réussir"
Publicitaire ambitieux, provocateur et talentueux (avouez-le, que le sous-titre "Le livre le plus vendu au monde" vous a donné envie d'en savoir plus), Paul Arden (1940-2008) est avant tout un homme qui a cru en ses capacités et a toujours pris des risques pour devenir un grand. En tirant des leçons de sa propre expérience, il délivre, dans Vous pouvez être ce que vous voulez être, des conseils pratiques pour cesser de se rabaisser, avoir confiance en soi et viser ses rêves, car ils sont à portée de main. 

Si la seconde partie de l'ouvrage est plutôt consacrée aux trucs de créatifs pour percer dans le milieu de la pub, la première est beaucoup plus générale et recèle des astuces précieuses sur l'attitude à adopter pour devenir quelqu'un d'exceptionnel. Et là, je dois dire que le ton un rien impertinent sur lequel l'auteur prodigue ses conseils m'a beaucoup, beaucoup plu. De l'éloge du risque aux avantages d'avoir tort, du partage des idées aux bienfaits du licenciement, oui, ouverture d'esprit et remise en question ont du bon. Mais ce que j'aime par-dessus tout dans ce petit livre, c'est que tous les conseils qui y sont distillés ne s'appliquent pas seulement au monde du travail, mais à tous les aspects de nos interactions avec nous-mêmes et avec autrui

Parce que des exemples valent mieux qu'un long discours, voici une citation qui m'a particulièrement plu à la lecture :

On estime avoir raison parce qu'on se réfère à un savoir et à une expérience. On peut souvent le prouver.  

Le savoir vient du passé. C'est donc une valeur sûre. Mais périmée. C'est le contraire de l'originalité.

Quant à l'expérience, elle se bâtit sur des solutions apportées à des situations et à des problèmes du passé. Comme les situations d'hier étaient probablement différentes de celles d'aujourd'hui, on est obligé d'adapter les solutions d'hier (et elles peuvent s'avérer inadéquates) aux nouveaux problèmes. Si vous avez de l'expérience, vous serez sûrement tenté de vous en servir.

C'est de la paresse.

L'expérience est le contraire de la créativité.

Si vous pouvez prouver que vous avez raison, c'est que vous êtes sclérosé. Vous n'évoluez pas avec votre époque ni avec les autres.

Avoir raison, c'est aussi être ennuyeux. Votre esprit est fermé. Vous n'êtes pas ouvert aux idées nouvelles.

Vous êtes emmuré dans vos certitudes ; c'est arrogant. L'arrogance est un outil précieux, mais seulement si on l'utilise avec parcimonie.

Pire encore : le fait d'avoir raison a un côté moralisateur. Quand on reconnaît ses torts, on semble faible ou faillible, et les gens qui ont raison détesteraient qu'on ne les croie pas infaillibles.

En résumé : on a tort d'avoir raison, car ceux qui ont raison sont des gens englués dans le passé, des gens ternes et suffisants, à l'esprit rigide.
Il n'y a rien à en tirer. (p.54-55)

Un conseil : si vous avez été choqué(e) cette citation, vous risquez de ne pas aimer ce livre. En revanche, si ces mots vous parlent, foncez les yeux fermés !

Vous pouvez être ce que vous voulez être de Paul Arden, Phaidon, 2004, 127 pages

Je reçois parfois des messages de personnes en quête de conseils et de recommandations sur un genre, un auteur, ou tout simplement une liste de livres pour débuter la lecture. C'est pourquoi j'ai eu l'idée de cette nouvelle série de vidéos, dans laquelle je vous donnerai mes conseils et mes recommandations sur un thème ou un genre littéraire.

Pour la première de cette série, j'ai voulu m'adresser aux personnes qui ont envie de lire, mais ne savent pas pour où commencer. Je comprends tout à fait que devant d'immensité du choix qui s'offre à nous, il soit difficile de s'orienter vers les livres qui vont nous faire aimer la lecture. Je dois moi-même remercier les personnes qui, dans ma jeunesse, m'ont orientée vers des livres qui ont fait de la lecture la passion qu'elle est pour moi aujourd'hui. 

Avant de vous donner mes conseils, je vous invite à regarder la vidéo :


Tout d'abord, deux conseils d'ordre général pour trouver des livres à son goût :

  • 1. Choisissez des livres simples et rapides à lire : commencez léger, vous aurez toujours le temps de lire des livres plus gros par la suite.

  • 2. Lisez les autres livres d'un auteur que vous avez ai : cela vous permettra de mieux vous familiariser à un genre et à la plume d'un auteur et ainsi de mieux connaître vos goûts.

Passons maintenant à mes trois recommandations pour débuter en douceur :
  • - Le Cycle de l'Invisible d'Eric-Emmanuel Schmitt : il s'agit d'une série de petits récits d'une centaine de pages chacun, dans lesquels l'auteur s'interroge sur la spiritualité et les différentes religions. Ce cycle rassemble une dizaine de récits, parmi lesquels Oscar et la dame rose, Mr Ibrahim et les fleurs du Coran, Milarepa, Le sumo qui ne pouvait pas grossir ou encore Les dix enfants que Mme Ming n'a jamais eus.

  • Demain j'arrête de Gilles Legardinier : le roman sans prise de tête par excellence, drôle et acidulé comme un bonbon en été. Si ce livre vous plaît, l'auteur en a écrit plusieurs autres dans la même veine.

  • La blonde en béton de Michael Connelly : pour les amateurs de policier, il s'agit là d'un des auteurs de polars les plus talentueux. La blonde en béton est le troisième opus de la saga Harry Bosch - par lequel j'ai d'ailleurs débuté la série - et je suis certaine qu'il vous donnera envie de suivre les aventures de ce personnage entier !

Si vous avez d'autres recommandations pour ceux qui souhaitent se lancer dans la lecture, n'hésitez pas à les partager dans les commentaires ! Faites-moi également part de vos questions et suggestions pour les prochains thèmes des vidéos !


Vous vous souvenez peut-être à quel point j’avais adoré le caractère oppressant (pour ne pas dire carrément flippant !) de Juste une ombre. Lorsque je l’ai rencontrée au dernier Saint-Maur en Poche, Karine Giebel m’avait prévenue que Purgatoire des innocents était tout à fait différent. Différent, certes, mais toujours aussi puissant, talentueux et addictif, cela ne fait aucun doute. 

Quand braquage rime avec naufrage 
Après un braquage qui a mal tourné, Raphaël et ses complices se barricadent dans une maison perdue dans la campagne dont ils ont pris en otage la propriétaire, Sandra, le temps que l’un d’eux se remette de ses blessures. Mais c’est plutôt aux portes de l’enfer qu’ils semblent s’être aventurés, et bientôt les bourreaux deviennent les victimes…

Lecteur, préparez-vous à voir vos nerfs mis à rude épreuve ! Dans ce huis clos machiavélique, à mi-chemin entre Misery de Stephen King et Des nœuds d’acier de Sandrine Collette, on nage en plein thriller psychologique. Atmosphère oppressante, personnages tantôt attachants, tantôt cruels, tout y est, et le mélange est détonnant.

Mais là où réside le génie de Karine Giebel, c’est dans l’inversion permanente des rapports de force entre les protagonistes, qui s’échangent tour à tour les rôles de bourreau et de victime. L’auteur excelle dans la mise en scène de personnages à l’esprit détraqué : le suspense est intense et on ne sait plus où donner de la tête !

Côté style, les mots sont parfaitement choisis et tombent comme des couperets pour décrire avec un réalisme impitoyable les scènes les plus insoutenables. L’alternance des points de vue nous fait entrer dans la tête de chacun des personnages, histoire d’être certain de connaître leurs désirs les plus sombres.

Bref, j’ai aimé, j’ai adoré Purgatoire des innocents, qui devrait ravir ceux qui, comme moi, se délectent de thrillers psychologiques un peu trash sur les bords.

Purgatoire des innocents de Karine Giebel, Pocket, 2014, 635 pages

Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas publié un TAG sur ma chaîne Youtube, et encore moins sur le blog. Celui-ci m'a beaucoup plu : je l'ai trouvé sur la chaîne d'Eloobooks, et il a été lancé par Croque les Mots.

Je me suis bien amusée en le faisant, et j'aime particulièrement l'éclectisme des questions, qui vont vous permettre d'en savoir plus sur mes habitudes de lecture. Donc, si vous voulez tout savoir, regardez la vidéo :



La liste des questions :

Avez-vous déjà lu...
1) en marchant
2) pendant votre pause déjeuner
3) un roman d'une traite
4) dans votre bain
5) plusieurs livres en même temps
6) un livre avant de voir l'adaptation cinématographique
7) un livre après avoir vu l'adaptation cinématographique
8) deux fois (ou plus!) le même livre
9) aux toilettes
10) dans les transports en commun aux heures de pointe
11) toute une série d'affilée
12) à la place d'aller à un rendez-vous/une soirée...
13) les premières pages d'un roman dans une librairie en étant captivé: passage en caisse indispensable
14) à des heures improbables
15) en prétendant faire autre chose (travailler/écouter en cours...)
16) un livre que tout le monde a aimé sauf vous
17) un livre que tout le monde a détesté sauf vous
18) ou essayer de lire dans une autre langue, parce que attendre, c'est long
19) un livre dont vous n'aviez jamais entendu parler avant de le tenir dans vos mains
20) un livre si merveilleux que vous ne pouvez pas vous empêcher d'en parler à TOUT LE MONDE
21) un livre si merveilleux que vous aimeriez le garder rien que pour vous
22) un livre plus gros qu'Harry Potter 5 (qui fait 976 pages)
23) tous les livres d'un auteur
24) un roman qui vous a fait rire
25) un roman qui vous a fait pleurer
26) un livre qui vous a fait sortir de votre zone de confort
27) un livre auquel vous n'avez rien compris
28) un livre parce que la couverture était jolie
29) un classique en appréciant votre lecture
30) un livre qui rassemble plus de 5 points de ce test

C'est à vous maintenant ! Vous reconnaissez-vous dans une de ces questions ? 
Dites-moi tout dans les commentaires !


"Carpe Diem", "Profite de l'instant présent". Combien de fois vous a-t-on répété ces phrases au point qu'elles sont devenues comme des clichés à vos oreilles ? Mais si elles sont devenues des préceptes, c'est peut-être bien parce qu'au fond, elles portent une vérité. 

J'ai commencé à prendre conscience que l'instant présent était le moment où tout se jouait cette année, en m'intéressant au fonctionnement du corps et en débutant la pratique de la méditation. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un livre tout petit par la taille mais très grand par la sagesse de son contenu : Commencer à méditer de Thich Nhat Hanh.

En prenant soin du moment présent, nous prenons soin du futur
Pour tous ceux que la méditation intrigue, qui aimeraient s'y intéresser mais ne savent pas comment s'y prendre, Commencer à méditer est un guide idéal, tant du point de vue des principes de la méditation, que de sa pratique. 

Thich Nhat Hanh est un moine bouddhiste vietnamien, dont les idées pacifiques ont contraint à l'exil. Depuis plus de quarante ans, il vit en Dordogne où il a fondé le "Village des Pruniers", une communauté zen à la renommée mondiale. Dans cet ouvrage, il délivre des conseils simples pour entrer en état de "pleine conscience", c'est-à-dire se recentrer sur soi-même, s'arrêter quelques temps pour reconnecter l'esprit et le corps, prendre conscience du monde qui nous entoure, sentir le moment présent et aller de l'avant.

L'esprit parvient difficilement à la paix quand le corps ne se trouve pas dans un espace paisible. (p.18)

Cela vous semble peut être facile à dire ou saugrenu (je suis passée par là !). Mais essayez seulement de vous couper du monde cinq minutes. Eteignez la télévision, coupez votre portable, installez-vous dans une pièce paisible sur un coussin douillez, fermez les yeux et prêtez attention à votre respiration. Rien que cela, ni plus, ni moins. Au bout de ces cinq minutes, vous vous sentirez reposé(e), apaisé(e), plus fort(e) et plus confiant(e) pour le reste de votre journée. Essayez, vous m'en direz des nouvelles !

Ce que j'ai particulièrement aimé dans ce livre, c'est l'effet que la méditation peut avoir sur nos rapports avec les autres. Méditer semble à première vue une activité tout à fait solitaire, mais au fond, elle nous incite à être bienveillant avec soi-même et avec les autres, à évacuer la colère et à désamorcer les conflits (le chapitre intitulé "Le gâteau dans le réfrigérateur" est édifiant).

En faisant de notre maison un lieu où pratiquer la relaxation profonde, l'arrêt, la respiration et la vie en pleine conscience, nous pouvons accéder au repos et à la guérison, rendre le bien-être à notre corps et à notre esprit, et partager ce bien-être avec les autres. Nous pouvons donner le meilleur de nous-mêmes. (p.101)

Alors fermez les yeux, inspirez, expirez et commencez à méditer, la clé de votre bien-être est en vous !

Commencer à méditer, conseils pour pratiquer chez soi de Thich Nhat Hanh, Pocket, 2014, 108 pages

NO HAPPY END ! C'est ainsi que je pourrais résumer ce mois de lecture, fortement marqué par des thrillers tous plus pervers ou violents les uns que les autres. La faute à la sélection du mois pour le Prix des Lecteurs du Livre de Poche : je dois dire que ce mois-ci, ils y sont allés fort !

Malgré tout, j'ai beaucoup aimé chacun des trois thrillers proposés par Le Livre de Poche (oh, comme le vote a été difficile !) et j'ai réussi à garder le moral en temporisant avec un bon Sophie Kinsella !


J'ai donc commencé le mois de juin avec Les Apparences de Gillian Flynn, qui est assez mis en avant en librairie depuis qu'il a remporté le Prix des Lectrices ELLE. Il m'a fallu m'accrocher et j'ai bien failli abandonner plusieurs fois. Néanmoins, j'avais envie de connaître la fin de cette intrigue diaboliquement perverse. La fin m'a laissé un goût amer dans la bouche, et visiblement je ne suis pas la seule. Malgré tout, j'ai adoré la maîtrise de l'auteur, qui prend un malin plaisir à balader son lecteur sur presque 700 pages. 


J'ai voté pour ce roman au Prix des Lecteurs du Livre de Poche.


Après Les Apparences, j'avais besoin d'un bol d'air frais. Et quoi de mieux qu'un roman de Sophie Kinsella pour se vider la tête ? Poppy Wyatt est un sacré numéro attendait sagement d'être lu, je m'en suis donc emparée et.. j'ai beaucoup ri ! Je regrette l'intrigue un peu prévisible, mais j'ai vraiment passé un très bon moment sans aucune prise de tête, ce qui était tout à fait le but recherché !


Retour au thriller et plongée au cœur du Nigéria avec Les fantômes du Delta d'Aurélien Molas. Sur fond de guerres politiques et religieuses, l'auteur développe une intrigue originale à suspense. Mention spéciale au très fort réalisme (qui fait écho à la triste actualité du Nigéria ces dernières semaines) et à la poésie du texte qui, bien que très violent, est magnifique à lire.

Changement de décor : avec Le sable était brûlant de Roger Smith, je suis passée du Nigéria à l'Afrique du Sud, mais suis restée dans l'ultra-violence. Ce thriller évolue dans les vallées, loin des grandes villes du pays, où l'apartheid ne semble avoir jamais été aboli et où Blancs et Noirs se livrent toujours à une guerre sanglante. Les scènes de massacre sont légion et il m'a fallu à plusieurs reprises faire des pauses dans ma lecture pour souffler un peu. Le plus dur, au fond, est de réaliser que ces scènes existent vraiment de nos jours.
Sur ce, je m'en vais lire un petit livre de méditation, histoire d'être zen avant de reprendre un thriller ! 

Et vous, happy end ou pas ce mois-ci ?


Si vous me suivez depuis quelques temps, vous savez certainement que j'aime alterner les lectures sérieuses/difficiles/violentes avec des romans beaucoup plus fun, sans prise de tête. Surtout en période de jury littéraire où les lectures imposées, parfois ultra-violentes, ont parfois raison de mon moral, et qu'il m'est indispensable de relâcher la pression. Vous savez également que dans ce cas, Sophie Kinsella est devenue l'un de mes auteurs préférés pour me vider la tête. Mon dernier en date, Poppy Wyatt est un sacré numéro, n'a pas dérogé à la règle.

Toute une vie dans un portable
L'intrigue du roman est assez simple : lors d'une bousculade dans l'hôtel où elle enterre sa vie de jeune fille, Poppy Wyatt perd sa bague de fiançailles (précieux bijou de famille transmis de génération en génération) et se fait voler son téléphone portable. Elle qui a demandé à tous ses contacts de l'aider à retrouver sa bague, comment faire si elle n'est pas joignable ? Heureusement, la chance tourne rapidement et Poppy trouve un téléphone abandonné dans une corbeille à papier, en parfait état de marche. Mais pour le garder, il lui faudra jouer les assistantes en herbe d'un dénommé Sam au caractère bien trempé...

Très honnêtement, j'ai été assez sceptique, au début, sur la capacité de l'auteur à développer une intrigue en apparence si simple sur presque 500 pages. Mais comme à son habitude, Sophie Kinsella excelle et manie avec brio l'art du rebondissement et du quiproquo. Au final, l'intrigue évolue rapidement et on n'a pas le temps de s'ennuyer.

Poppy, l'héroïne, est drôle et rafraîchissante, gaffeuse et rigolote mais, surtout, un brin "je-me-mêle-de-tout". A ce titre, je trouve qu'elle ressemble beaucoup à Becky dans la saga de L'accro du shopping, peut-être même un peu trop. J'ai également regretté que l'évolution des relations entre les personnages, notamment la relation de Poppy avec Sam, soit finalement assez prévisible et sans grande surprise.

Qu'à cela ne tienne, vous allez passer un excellent moment en lisant Poppy Wyatt est un sacré numéro, et le léger manque d'originalité de l'intrigue se fera rapidement oublier par la facilité déconcertante avec laquelle ce roman vous fera rire et sourire.

Poppy Wyatt est un sacré numéro de Sophie Kinsella, Pocket, 2014, 480 pages

Vous l'avez peut-être vu si vous me suivez sur Instagram et Facebook, hier j'étais au salon Saint-Maur en Poche. Cela fait trois ans maintenant que je fréquente ce salon qui est de loin mon préféré : on est loin de l'ambiance feutrée du Salon du Livre de Paris, ici l'atmosphère est conviviale, les auteurs sont accessibles et sont heureux d'être là et c'est toujours l'occasion de faire de belles rencontres. Je suis ravie de voir que Saint-Poche en Poche s'épanouit d'année en année pour devenir un salon incontournable sur lequel on croise de sacré pointures.

Et cette année il y avait du très lourd : Katherine Pancol, Guillaume Musso, Gilles Legardinier, Laurent Gounelle, Jean d'Ormesson, Tatiana de Rosnay... tous ces auteurs étaient là, sous les tentes de Saint-Maur, ravis de rencontrer leurs lecteurs.


15h. J'arrive donc au salon et je retrouve Myriam (Un Jour. Un Livre) qui est déjà sur place, accompagnée de Pauline (Brèves littéraires) et d'Emmanuelle (Les bêtises de Manu). Nous allons directement saluer Frédéric Lenormand, l'auteur de La baronne meurt à cinq heures qui, d'après Myriam, souhaite me rencontrer depuis que j'ai encouragé tout le monde à lire son livre. Dès qu'il nous voit, il nous fait un grand sourire, se lève, fait le tour de son stand et vient nous faire la bise !!? Je ne m'y attendais pas ! Nous discutons quelques minutes et il dédicace mon exemplaire de La baronne meurt à cinq heures.

Frédéric Lenormand

Puis nous nous dirigeons vers l'allée du thriller pour rencontrer Karine Giebel, "l'impératrice du thriller français", comme indiqué sur la pancarte attachée au-dessus de son stand. En attendant mon tour, je vois Sandrine Collette, l'auteur de Des nœuds d'acier, à deux pas de là. Je demande donc à Myriam de garder ma place et je file faire dédicacer mon exemplaire. Des nœuds d'acier est un roman trash, très dur, que j'avais aimé mais qui m'a filé le bourdon. Je n'ai pas pu m'empêcher de demander à Sandrine Collette : "Vous arrivez à garder le moral en écrivant ce genre d'histoires ?", ce qui l'a beaucoup fait rire.

Sandrine Collette

Une fois mon exemplaire dédicacé, je retourne dans la file de Karine Giebel et lui fais dédicacer Le purgatoire des innocents, qui est très différent de Juste une ombre, me prévient l'auteur.

Karine Giebel

16h. Les filles commencent à faire la queue pour obtenir une dédicace de Laurent Gounelle, dont le stand est pris d'assaut avant même qu'il n'arrive ! J'en profite pour me promener dans les allées. Je renonce à obtenir une dédicace de Katherine Pancol : la file traverse la moitié du salon et il y a au moins une heure et demi d'attente !

En revanche, j'aperçois Yannick Grannec, l'auteur de La déesse des petites victoires et là, mon cœur s'emballe. Je n'avais pas vu son nom sur le programme et je n'ai donc pas emmené son livre, que j'ai prêté à ma maman. Malgré tout, je ne peux pas passer devant elle sans aller lui parler. Je m'approche donc et lui dis tout le bien que je pense de son roman. Visiblement, elle ne s'attendait pas à ces compliments et semble toute émue. Tout comme moi.

Yannich Grannec (à gauche)

16h30. Rendez-vous à la scène centrale pour le scoop du salon : Myra Eljundir, l'auteur de la saga young-adult Kaleb (dont j'ai abandonné le premier tome, décidément, le young-adult c'est pas mon truc), dont on avait jamais vu le visage, va dévoiler son identité ! Après un léger suspense, l'auteur retire le casque de moto derrière lequel elle se cachait : ce n'est autre qu'Ingrid Desjours, auteur de nombreux thrillers à succès. Au micro, elle explique que le pseudo lui donne une certaine liberté et lui permet d'écrire autre chose sans être cataloguée. 

Je profite de l'agitation autour de cette annonce pour obtenir une dédicace de Jussi Adler-Olsen, auteur de Miséricorde, avant qu'il ne soit appelé sur scène. Quel auteur sympa ! Il a vendu des millions d'exemplaires à travers le monde et reste humble, accessible et terriblement drôle. Je suis très heureuse qu'il ait reçu le Prix coup de cœur du salon, c'est bien mérité.

Jussi Adler-Olsen

Ensuite, je me dirige vers le stand de Franck Thilliez, qui est entouré de ses potes de la Ligue de l'imaginaire, Henri Loevenbruck, Eric Giacometti et Jacques Ravenne. Il y a aussi une place pour Bernard Werber, qui n'est là que le dimanche. Je m'approche de Franck Thilliez et lui fait dédicacer mon exemplaire du Syndrome E, en lui disant que j'ai adoré Atomka. Il me répond timidement que je devrais aimer celui-ci aussi.

Henri Loevenbruck et Franck Thilliez

Je suis heureuse, j'ai rencontré tous les auteurs que je voulais voir et j'ai toutes mes dédicaces. Encore quelques pas dans les allées avant de rentrer. C'était encore une belle édition et j'ai hâte d'y retourner l'année prochaine. 


Sa couverture argentée, son titre mystérieux et sa consécration au Grand Prix des Lectrices ELLE m'ont intriguée plus d'une fois. Après un début périlleux, Les Apparences de Gillian Flynn tient ses promesses : on est bien en présence d'un thriller psychologique de haut vol, d'une perversité brutale mais remarquable.

Les apparences sont bien trompeuses
Amy et Nick filent le parfait amour. Même après avoir dû quitter leur luxueux appartement de New-York pour s'installer dans le Missouri après avoir tous deux perdu leur travail, ils renvoient l'image d'un couple heureux et sans faille. Jusqu'à leur cinquième anniversaire de mariage, le jour où Amy disparaît dans des circonstances étranges. Rapidement, l'attitude anormale de Nick en fait le principal suspect : derrière les apparences, le couple est loin d'être aussi parfait qu'il n'y paraît.

Préparez-vous à sauter de surprise en rebondissement. Dans ce thriller psychologique très bien ficelé, Gillian Flynn prend un malin plaisir à manipuler le lecteur du début à la fin. Après un départ lent et plutôt difficile (j'ai dû m'accrocher sur les 300 premières pages et j'ai même failli abandonner) nécessaire au placement d'une multitude de détails qui auront tous leur importance par la suite, l'intrigue devient addictive.

En optant pour un récit à deux voix qui lui permet d'alterner le point de vue de Nick et d'Amy, l'auteur brouille les pistes et sème le doute dans l'esprit du lecteur. Peu à peu, les deux personnages principaux se révèlent aussi manipulateurs l'un que l'autre, et ni l'un ni l'autre n'inspire la sympathie. Pour être honnête, mon sentiment à leur égard n'a cessé de balancer entre pitié et dégoût. 

Mais le talent de Gillian Flynn réside surtout dans la construction du personnage d'Amy : progressivement se dévoile un être malsain, d'une perversion démesurée, une véritable sociopathe comme on n'imaginait pas que cela puisse exister. S'il ne plaira certainement pas à tout le monde, Les Apparences reste pour moi un chef-d'oeuvre de maîtrise qui séduira les amateurs de thriller psychologique.

Les Apparences de Gillian Flynn, Le Livre de Poche, 2013, 687 pages

Jeudi 12 juin, j'étais invitée à la soirée de remise du Prix des Lectrices Milady Romance 2014. En début d'année, les éditions Milady avaient mobilisé une centaine de blogueuses pour établir la liste de leurs livres préférés parus chez Milady Romance en 2013. 15 romans avaient ensuite été sélectionnés et soumis au vote des lectrices.


C'est donc au cours d'une soirée spéciale au siège parisien de la maison d'édition que le roman gagnant a été dévoilé, en présence de Stéphane Marsan, directeur de la publication, d'Isabelle Varange, directrice éditoriale, et de nombreux blogueurs et partenaires.


Le roman lauréat est Loin de tout de J.A. Redmerski, une romance qui a beaucoup fait parler d'elle à sa sortie en grand format. La version poche a été publiée chez Milady le 13 juin 2014 et la suite, Près de toi, paraîtra en grand format le 20 juin 2014.


Il y a un an maintenant, j'ai décidé de changer radicalement de mode de vie : adieu les Mc Do-pizza et les soirées passées devant la télé ou l'ordi, bonjour le sport quotidien et les fruits et légumes. Pour ne pas faire les choses n'importe comment et faire que ces changements deviennent un véritable style de vie et non un énième régime avant l'été, j'ai beaucoup lu. Des livres, des blogs, français et américains. 

Parmi les ouvrages qui m'ont aidée sur cette voie, il en est un qui a beaucoup fait parler à sa sortie, à cause de son auteur célèbre : The Body Book de Cameron Diaz. Loin d'être une manière de se mettre en avant, ce livre est une bible pour quiconque souhaite reprendre conscience de son corps, à son rythme.

Apprendre à respecter son corps
Je dois vous avouer quelque chose : lorsque j'ai commencé ce livre, je ne fondais pas beaucoup d'espoirs dessus. Il se trouve que Cameron Diaz n'est pas une actrice que j'affectionne particulièrement, et j'avais une image d'elle un peu, comment dire, "fofolle". A ma grande surprise, j'ai découvert, en lisant The Body Book, une Cameron pleine de sagesse, qui prodigue ses conseils et partage son expérience comme une grande sœur

Le principe du livre est simple : en apprenant à connaître son corps et en le traitant avec respect, on augmente sa qualité de vie et son bien-être. Cela semble évident mais, malheureusement, c'est quelque chose que nous avons tendance à oublier dans notre société de l'ultra-consommation, où ne ne prenons même plus le temps de nous poser vingt minutes pour manger un VRAI repas. 

Dans son livre, Cameron Diaz ne lance pas un énième régime innovant censé faire maigrir sans effort : elle démontre, preuves scientifiques à l'appui, que notre état mental, psychique, est intimement lié à la manière dont nous traitons notre corps. Elle explique que le stress que nous pouvons vivre au quotidien, ne sera pas apaisé par ce pot de glace que vous venez d'engloutir devant la télé en rentrant du travail, même si vous PENSEZ que ça vous a fait du bien. Non, les principes sont simples pour respecter son corps : bouger un peu tous les jours et le nourrir de vrais aliments, des aliments qui viennent de la terre, et non de cette nourriture transformée qui le rend malade (sérieusement, qui ne s'est JAMAIS senti affreusement mal après un Mc Do ou une pizza ?)

Attention, The Body Book ne contient ni formule magique, ni méthode miracle. En revanche, c'est un formidable ouvrage pour vous donner envie de respecter votre corps comme il le mérite. Sur un ton confidentiel et parfois plein d'humour, Cameron Diaz instille la confiance en soi, et c'est déjà énorme. The Body Book est un livre que je garderai précieusement et que je relirai, c'est certain.

Seule déception : The Body Book n'est disponible qu'en anglais (somme toute assez facile à comprendre) et sa traduction en français ne semble pas prévue pour le moment.

The Body Book de Cameron Diaz, Harper Collins, 2014, 288 pages


Vous avez certainement tous déjà connu ces journées où rien ne semble aller, ces jours sans où l'on n'a envie de rien, si ce n'est rester couché et s'enfiler un pot entier de Ben & Jerry's devant la télé. Ce genre de journées, j'en ai connu pas mal le mois dernier (je vous rassure, toutes ne se sont pas terminées par un gobage compulsif de Ben & Jerry's). Heureusement, parfois, un petit événement vient égayer votre journée et apporter un rayon de soleil bienfaisant au milieu de tout ce chaos. Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler d'un de ces rayons de soleil, le premier tome d'une saga qui m'a remis du baume au cœur et dont vous risquez d'entendre beaucoup parler : Lacrimosa d'Alice Scarling.

Doux retour en adolescence
Même si vous n'êtes pas trop vampires, ce premier roman vous plaira quand même, j'en suis certaine. Tous ceux et celles qui, comme moi, rentraient du collège en courant pour ne pas manquer la diffusion de Buffy contre les vampires (ah, qu'il est loin ce temps-là !) retrouveront dans Requiem pour Sascha la douce nostalgie de l'adolescence. Le schéma somme toute assez classique du roman (une jeune fille anti-vampires qui s'allie à un être surnaturel pour les chasser) le situe à mi-chemin entre Buffy et Chasseuse de la nuit, dont l'auteur m'a avouée s'être inspirée. On y retrouve également les codes de la bit-lit sexy, avec quelques scènes érotiques, histoire de rajouter du piment.

Mais là où le roman devient vraiment intéressant, c'est dans le ton et le traitement des personnages. Sascha, l'héroïne, a ce côté impulsif digne d'une vraie chasseuse de vampire, et à la fois humain et fragile (enfin une fille qui sait buter du vampire mais aussi exprimer tristesse et larmes quand elle a un coup dur !) qui la rend attachante. Le récit est à la première personne, ce qui place le lecteur aux premières loges du ton vif et direct de Sascha, ainsi que de ses blagues plus ou moins foireuses qui m'ont fait beaucoup rire. Les rockeurs et métaleux apprécieront aussi beaucoup les nombreuses références musicales du livre.

Enfin, l'intrigue est très rythmée, sans le moindre temps mort, ce qui explique en partie le fait que j'ai lu ce livre d'une seule traite (si si, je vous assure, je l'ai lu dans la journée). J'ai beaucoup aimé la tournure que prend l'intrigue sur la fin, ce qui ne me fait dire qu'une chose : vivement la suite !

Lacrimosa, tome 1 : Requiem pour Sascha d'Alice Scarling, Milady, 2014, 307 pages


Pour la petite histoire...
J'ai rencontré Alice Scarling à la soirée de lancement de Lacrimosa en mai dernier : c'est une sympathique jeune femme aux cheveux rouges, très abordable, dont le style vestimentaire n'est pas sans rappeler celui-ci de son héroïne Sascha. Elle vient d'achever l'écriture du tome 2 de Lacrimosa, dont la parution est prévue en août chez Milady. Le tome 3 devrait paraître début 2015.

C'est le phénomène du moment. Reconnaissable à son curieux pseudo qu'il partage avec son personnage récurrent, Mallock est l'un de ces magiciens qui nous embarquent au carrefour du thriller et du fantastique. Mue par la curiosité, j'ai lu Les Visages de Dieu, le premier tome des aventures d'Amédée Mallock. Attention, coup de coeur !

Dans la mort le masque divin
Un malade s'amuse à découper des gens et à mettre en scène leur cadavre dans des positions faisant référence à des scènes bibliques. Alors que la police piétine depuis plusieurs mois, les hauts gradés du 36, quai des Orfèvres décident de confier l'enquête au commissaire divisionnaire Amédée Mallock, même s'ils n'apprécient pas vraiment le personnage. Qu'à cela ne tienne, ce sont bien ses méthodes décriées qui font enfin avancer l'enquête et mettent les policiers sur la piste d'un psychopathe qui cherche à reproduire le visage de Dieu...

Bouclez bien vos ceintures avant d'ouvrir Les Visages de Dieu, entrée directe dans le feu de l'action assurée ! Mallock nous embarque dans un page-turner ultra-dynamique, sans le moindre temps mort. L'intrigue, sanglante à souhait, flirte avec le thriller ésotérique, sans toutefois manquer un instant de vraisemblance. Les descriptions sont très réalistes, bourrées de détails, comme ces nombreuses scènes d'autopsie que les âmes sensibles préféreront éviter.

Au centre, Amédée Mallock, personnage haut en couleur et plutôt caractériel, sorte de "gros ours" bourru mais gentil, que l'auteur a eu l'intelligence de faire complexe afin de ne jamais tomber dans la caricature. Avec ses failles et ses méthodes, on s'attache rapidement au commissaire dont on suit les aventures avec délectation.

Un mot sur le style : c'est la meilleure surprise de ce roman. Vive, ultra-réaliste et à la fois poétique, l'écriture de Mallock est un mélange inattendu de lyrisme et de prosaïque qui fonctionne à merveille. J'ai également adoré les nombreuses références aux œuvres de Goya et Jérôme Bosch (deux de mes peintres favoris) pour décrire l'esthétique des meurtres :

Oui, il y avait le goût du grotesque chez le Maquilleur. Il y avait chez lui une obsession pour le diable, la rédemption par le supplice, le même penchant esthétique pour la torture et les visions infernales, que l'on pouvait trouver chez Goya ou dans les œuvres de Jérôme Bosch, sur l'aile droite du Jardin des Délices. (p.160)

Pour moi qui suis habituée à ce genre de romans riche en hémoglobine, Les Visages de Dieu est un sans faute. Plus qu'un simple thriller, il réunit une intrigue surprenante, crédible et pleine de rebondissements, un personnage attachant et un véritable travail d'écriture. J'ai déjà hâte de lire la suite des aventures du commissaire Mallock !

Les Visages de Dieu de Mallock, Pocket, 2014, 430 pages


Pour la petite histoire...
J'ai participé, en mars 2014, à une rencontre de lecteurs très intéressante avec Mallock, au cours de laquelle il a évoqué ses méthodes d'écriture, la naissance du personnage de Mallock, etc. Pour en savoir plus sur cet auteur plein de surprises, je vous invite à aller lire ou regarder l'excellente interview de Myriam, du blog Un Jour Un Livre.

Cela fait près d'un mois que je ne vous ai rien écrit et, pour ce retour sur le blog, j'avais envie de vous parler d'un livre appartenant à un genre que je lis très rarement : le Young Adult. Alors que j'évite soigneusement ce type de livres d'habitude, j'ai tout de suite accroché à ce roman, Geek Girl. Et même s'il ne me réconcilie pas totalement avec le genre, j'ai passé un très bon moment.

De geek à chic
Imaginez une geek, ado, incollable sur la science, l'histoire et la science-fiction mais pas douée pour un sou pour les relations humaines. Le genre de geek qui, si elle avait dix ans de plus, aurait tout à fait sa place dans The Big Bang Theory (qui est MA série du moment, soit dit en passant). Harriet Manners, 15 ans, est de ces geeks-là. Intello et ultra-curieuse, elle ne peut pas s'empêcher de vous faire la leçon sur l'interdiction des chewing-gum à Singapour ou sur le fait que votre cœur s'arrête de battre quand vous éternuez. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle n'a pas beaucoup d'amis au lycée. Elle n'en a qu'une, en fait : Nat, sa "pire pote", qui rêve depuis toute petite de percer dans le milieu de la mode. Alors quand, à une convention de mode où Nat l'a tirée de force, Harriet est repérée à sa place par une agence de mannequinat, c'est le monde entier de l'adolescente qui bascule.

J'ai tout de suite adhéré au concept de Geek Girl : comment une geekette que la mode et les apparences n'ont jamais intéressées peut-elle devenir un mannequin ? De ce point de départ, l'auteur, Holly Smale, construit une intrigue originale, drôle, où le comique de situation et de narration, associé à des tas d'anecdotes et de références geek, scientifiques et littéraires, ainsi qu'à des personnages un poil caricatural, joue une place prépondérante. J'ai beaucoup souri pendant ma lecture qui fut un réel divertissement.

Très sincèrement, j'ai passé un agréable moment avec ce livre, comme je passe un très bon moment avec un bon roman de chick-lit. Le seul hic : j'ai regretté les préoccupations trop "teenager" d'Harriet et son manque de maturité. Bien-sûr, elle n'a que quinze ans, et à son âge, la peur que votre meilleure amie vous fasse la tête pendant plusieurs jours peut constituer une préoccupation importante, je le conçois.

Les jeunes et amateurs de romans jeunesse apprécieront ce roman drôle et sympathique, il n'y a pas de doute. Malheureusement, pour moi, il manque quelque chose, et c'est clairement l'une des raisons pour lesquelles je reste souvent sur ma faim quand je lis de la Young Adult.

Geek Girl, tome 1 de Holly Smale, Nathan Jeunesse, 352 pages, dès 12 ans
Tome 2 à paraître chez Nathan Jeunesse en septembre 2014