Libérées de Titiou Lecoq

Libérées de Titiou Lecoq

Vous êtes mère de famille ou vivez en couple et la vue d'une chaussette qui traîne vous exaspère ? Vous allez adorer Libérées de Titiou Lecoq, un essai intelligent, drôle et déculpabilisant qui nous apprend pourquoi les tâches ménagères sont le plus souvent dévolues aux femmes et comment s'en libérer.


Quatrième de couverture

"Un jour, je me suis demandée : pourquoi est-ce moi qui ramasse les affaires qui traînent ? Je n’ai trouvé qu’une seule réponse. Parce que je suis une femme qui vit avec un homme et deux enfants et que, conséquemment, les corvées, c’est pour ma gueule."

Être une femme, ce n’est pas seulement l’idéal de minceur et de cheveux qui brillent, c’est le souci permanent des autres et du foyer, c’est être sans cesse ramenée à la saleté, aux taches, à la morve. L’égalité serait déjà là, mais les femmes conservent la conviction intérieure qu’elles doivent s’occuper de tout et tout le monde, et d’elles en dernier, s’il reste cinq minutes à la fin de leur triple journée. Cette féminisation de la sphère privée implique une autre conséquence : l’espace public est toujours masculin. 

Peut-on se dire égaux quand la moitié de la population adapte ses vêtements en fonction des transports et fait attention à ne pas être seule la nuit dans la rue ? Et si le combat féministe devait encore et toujours se jouer dans la vie quotidienne de chacune et chacun, chez soi, dans sa propre maison, devant le panier de linge sale ?


Mon avis

Je dois avouer que quand j'ai commencé ce livre, j'étais saisie d'une certaine appréhension, celle de tomber sur un énième pamphlet féministe hyper vindicatif dans lequel je ne me reconnaîtrais pas tellement. Eh bien pas du tout. 

Libérées est avant tout un traité de féminisme brillamment documenté qui nous explique pourquoi, dans notre société, on considère que le ménage, la bouffe et les enfants sont le travail des femmes, pourquoi ce travail est considéré comme normal et n'est donc pas valorisé. Il permet de comprendre la figure archétypale de la femme, celle qui nous est bombardée à la face à longueur de journée et nous mène droit au burn-out : une figure cumularde, voire schizophrène, qui doit être à la fois mère et amante, sexy mais pas provoquante, tout gérer sans jamais rien dire.

Titiou Lecoq nous donne les clés pour comprendre l'origine des carcans qui sont imposés aux femmes, mais aussi toutes ces images de la femme parfaite qui nous culpabilisent en nous faisant croire que nous échouons. Les blogs de déco et de mamans parfaites, par exemple, et leurs comptes Instagram sur lesquelles il n'y a jamais le moindre jouet qui traîne, le moindre grain de poussière ou la moindre chaussette qui traîne. 

Cet ouvrage donne aussi quelques pistes pour se libérer de tous ces carcans mentaux, histoire de relâcher un peu la pression sur les femmes. Au fond, Titou Lecoq nous pousse à oser affirmer notre individualité en faisant ce qui nous fait envie, et à ne pas nous conformer à ce que la société nous dicte comme "le comportement qu'une femme doit adopter". J'ai essayé deux-trois choses, et j'avoue que ça fait du bien.

Mais là où réside le génie de ce livre, c'est dans l'humour salvateur de Titiou Lecoq, dans sa plume irrévérencieuse qui rend la lecture très agréable. J'ai d'ailleurs pleuré de rire à la scène du foie de veau (sur le post-accouchement) que je vous recommande de lire à tout prix !


En bref

J'ai été agréablement surprise par cet ouvrage plein d'intelligence qui replace la femme comme ce qu'elle doit être en premier lieu : un individu doté de choix et d'envies propres, et non pas une sorte de robot parfait dévolu au service des autres. Ce livre m'a aussi permis d'aborder mon rôle cumulatif de femme / conjointe / mère avec plus de recul. Libérées est un essai déculpabilisant qui m'a fait un bien fou et m'a fait voir le féminisme autrement.

Lisez-le si... vous avez aimé Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir et/ou si vous en avez marre de ramasser le linge qui traîne.


Le livre

Libérées de Titou Lecoq
Editions Fayard (2017), 260 pages

Je remercie les éditions Fayard pour cette lecture.
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