L'appel de Portobello Road de Jérôme Attal

L'appel de Portobello Road de Jérôme Attal

La curiosité m'a poussée à m'intéresser à ce roman inclassable d'un auteur que je n'avais encore jamais lu. Pourtant, malgré la légèreté et l'intelligence du récit, je n'ai pas réussi à accrocher.


Quatrième de couverture

C’est un vieux téléphone à cadran, chiné à Londres, à Portobello Road. La sonnerie surprend Ethan au milieu de la nuit. Au bout du fil, ses parents : « Dis à ta sœur qu’on pense à elle tous les jours. » Rien que de très normal, sinon qu’il est un peu tard pour téléphoner aux gens. Que les parents d’Ethan sont morts depuis deux ans. Et que jusqu’ici il se croyait fils unique… Pour ce compositeur de chansons, c’est le début d’une quête à la recherche de cette sœur inconnue, tombée du ciel. Une aventure peuplée de pom-pom girls tchèques, de tartes au riz et de porcelaine anglaise. Une fuite en avant pour réparer les fêlures de la vie. Car, comme dirait le photographe Robert Doisneau, l’essentiel est d’avancer avec le sourire dans la vie pour attirer la bienveillance du hasard.


Mon avis

L'appel de Portobello Road commence sur une parabole : un chevalier japonais, éperdument amoureux d'une princesse, franchit tous les obstacles qui le mènent au palais pour la rencontrer. Mais celle-ci, en pleine cérémonie du thé, fait languir le chevalier jusqu'à ce que, à court de patience, il finisse par jeter l'éponge.

Cette parabole, c'est l'illustration de ce que vit Ethan, un jeune musicien à côté de ses pompes qui tente tant bien que mal de vivre de sa musique et de se comporter en adulte depuis la mort de ses parents chéris. Jusqu'à ce jour où le téléphone sonne : ses parents (décédés, donc) l'embrassent et lui demandent de s'assurer que sa sœur (dont il ignorait l'existence) va bien.

Ce n'est là que la première bizarrerie d'un roman qui en contient beaucoup. Piqué au vif par cette étrange révélation, Ethan se lance à la recherche de sa soeur. Une quête qui le mène sur les routes de Belgique, avec pour compagnons des pom-pom girls tchèques aux ardeurs tenaces et des testeurs de tarte au riz. Et finalement, dans cette aventure, c'est davantage le cheminement d'Ethan qui compte que le résultat qu'il obtient à la fin.

Je dois avouer que j'ai eu beaucoup de mal à apprécier cette intrigue sans queue ni tête dans laquelle je me suis sentie perdue. J'ai d'ailleurs eu du mal à supporter Ethan, complètement paumé, et ce malgré le style plein d'humour de Jérôme Attal. Dommage, car la "morale" de ce récit, qui nous montre qu'il faut toujours saisir sa chance et laisser aller sa curiosité, m'a en revanche bien plu.

L'appel de Portobello Road de Jérôme Attal


En bref

Un roman très original qui part dans tous les sens et se termine en road movie complètement barré. Malgré une bonne idée de départ, il est un peu trop saugrenu pour moi.


Le livre

L'appel de Portobello Road de Jérôme Attal
Editions Pocket (2018), 160 pages
Publié initialement aux éditions Robert Laffont

Je remercie les éditions Pocket pour cette lecture.

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