Il m'a fallu, ces deux derniers mois, faire une pause indispensable et considérablement stopper ma présence sur Youtube et, vous l'aurez remarqué, sur le blog.
Une lecture, un avis court, une note !
Pour lire mes avis détaillés (quand il y en a) sur chaque livre, cliquez sur le titre.
15 jours que je n'ai pas écrit une ligne sur ce blog, il était temps ! J'en profite d'ailleurs pour vous remercier de votre soutien, puisque vous êtes toujours nombreux à venir visiter ce blog et à me suivre sur Youtube, malgré mon absence prolongée, due à des projets qui me demandent toute mon énergie. Je vous rassure, je ne suis ni malade, ni déprimée, je manque simplement de temps pour toutes mes occupations. Merci pour les gentils messages que certains d'entre vous m'ont envoyés et j'espère sortir de mon tunnel très bientôt !
Aujourd'hui donc, je sors la tête de l'eau pour partager avec vous mes lectures du mois d'octobre. Mon rythme de lecture est toujours aussi lent, mais régulier, puisque j'ai lu 4 livres ce mois-ci, parmi lesquels deux gros pavés qui pourraient compter double ;-).

Un thriller ésotérique dans lequel je me suis sentie un peu perdue, puisqu'il s'agit du huitième tome d'une saga, et que je ne le savais pas. Globalement, je n'ai pas été convaincue par ce roman et son personnage principal aux aventures un peu trop "grosses" pour être vraisemblables.
Ma note : 12/20

L'Âge de raison de Helen Fielding
Après le flop Giacometti-Ravenne, j'ai fait appel à ma bonne copine Bridget Jones pour ne pas laisser la panne de lecture s'installer. Efficacité redoutable ! Même s'il est un cran en dessous du premier tome, L'Âge de raison m'a fait rire et la compagnie de Bridget m'a clairement remonté le moral.
Ma note : 16/20

Un père idéal de Paul Cleave
C'est le livre que j'ai tiré au sort dans ma PAL pour ce mois-ci, et je ne regrette pas du tout ! J'avais adoré Un employé modèle, celui-ci est tout aussi bon bien que beaucoup plus sombre. Dans ce roman, Paul Cleave fait appel à l'ampathie du lecteur et se révèle particulièrement doué pour décrire le désespoir et les coups de folie qui peuvent en résulter. Un thriller à dévorer !
Ma note : 16/20

Petit dictionnaire amoureux de la science de Claude Allègre
Cela faisait longtemps que j'avais envie de relire un ouvrage de vulgarisation scientifique. Celui-ci explore toutes les disciplines scientifiques basées sur l'observation de la nature (donc pas de mathématiques) et contient des entrées très, très intéressantes. Ce livre est idéal pour ceux qui souhaitent avoir une idée globale des termes, théories et génies des sciences sans avoir à se plonger dans des ouvrages incompréhensibles.
Ma note : 18/20
Et vous, qu'avez-vous lu ce mois-ci ?

Templiers vs. Franc-maçons
Il faut dire que, dès le départ, je suis partie avec un handicap de taille : lorsqu'il m'a été proposé par les éditions Pocket, j'ai choisi Le Temple noir pour son quatrième de couverture et son genre prometteur, le thriller ésotérique, sans avoir compris qu'il s'agissait du huitième tome d'une série (oui, quelquefois, mes neurones ne sont pas parfaitement connectés). Et autant vous dire que cette erreur est préjudiciable, puisque les auteurs passent leur temps à faire référence aux événements qui se sont déroulés dans les sept tomes précédents. En m'aidant des notes de bas de page, de l'avant-propos et d'un peu de jugeote, j'ai réussi à comprendre tant bien que mal les relations de cause à effet qui peuplent l'intrigue, mais je suis clairement passée à côté d'une bonne partie du livre.
D'une manière générale, j'ai plutôt apprécié ce roman, mais ma lecture s'est révélée assez pénible en raison de l'intrigue trop longue et du personnage principal, le commissaire Antoine Marcas, qui ne m'a à aucun instant paru vraisemblable. Après avoir découvert le trésor des Templiers dans le tome précédent, le policier franc-maçon (si vous l'oubliez, il vous sera assez répété que Marcas est un "frère") est ici aux trousses d'un ancien franc-maçon anglais qui a quitté son obédience pour se consacrer à la quête du secret (après le trésor) des Templiers, et qui passe son temps à zigouiller des prêtes et à déterrer des reliques du Moyen-Âge. Je force un peu le trait, certes, mais j'ai eu un peu de mal à gober ce savant mélange de Templiers, de franc-maçons, de complots ourdis par les Etats et le Vatican, le tout reposant sur les épaules étroites d'un commissaire de police français (mais franc-maçon) spécialisé dans les affaires ésotériques.
Malgré cela, Le Temple noir présente de bons côtés : un style réellement bon et des scènes très réalistes (notamment les scènes de torture), une intrigue "historique" très intéressante et des de réels moments de suspense. Néanmoins, ces avantages sont diminués par une trame beaucoup trop longue, au rythme inégal, qui fait parfois perdre le fil conducteur.
Malgré des points positifs, Le Temple noir est donc pour ma part une lecture en demi-teinte, qui m'aurait probablement rendue plus enthousiaste si j'avais lu les tomes précédents.
Le Temple noir d'Eric Giacometti et Jacques Ravenne, Pocket, 2013, 730 pages

Elle semble si forte, si sûre d'elle et pourtant il suffit de si peu pour la terroriser. Thriller psychologique machiavélique, Juste une ombre est un roman fascinant, terrifiant et terriblement excitant !
La proie de l'ombre
Cloé a réussi : à moins de quarante ans, elle est sur le point de devenir PDG de l'agence de communication dans laquelle elle travaille. Dévorée par l'ambition, elle ne fait qu'une bouchée des faibles et n'hésite pas à écraser les autres pour s'imposer. Jusqu'à ce qu'un soir, dans la rue, une étrange silhouette lui donne la peur de sa vie. Après cette nuit, rien ne sera plus comme avant : Cloé se sent traquée par l'ombre, sans jamais pouvoir le prouver. Jusqu'à tout perdre...
Juste une ombre est de ces romans qui, une fois commencés sont, tels une bombe à retardement, impossibles à désamorcer. Dès les premières pages, vous vous retrouvez happé par une intrigue folle qui vous laissera hors d'haleine. Comme une corde tendue en permanence, le suspense est à son comble du début à la fin, et s'avère particulièrement insoutenable dans les derniers chapitres.
Dans ce roman, Karine Giebel rassemble tous les ingrédients qui font un excellent thriller : une intrigue semblant tout droit sortie de l'imagination d'un psychopathe, un rythme palpitant, des personnages profonds et des rebondissements auxquels personne ne s'attend. Le tout est servi par une plume ferme, un style travaillé, au juste milieu entre description et dialogues.
Premier roman de Karine Giebel que je lis, Juste une ombre m'a fait frissonner, vibrer, m'a terrifiée et m'a hantée. Bref, c'est un sans faute.
Juste une ombre de Karine Giebel, Pocket, 2013, 606 pages
Une lecture, un avis court, une note !
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Septembre a démarré pour les chapeaux de roues pour moi côté boulot, et j'ai eu beaucoup moins de temps pour la lecture. Et ce rythme semble bien parti pour durer. Néanmoins, j'ai réussi à lire 4 livres ce mois-ci, tous de bonnes surprises !

Un bon thriller psychologique très bien écrit, mais qui souffre de la soumission de Colombe, le personnage principal. Le roman aurait mérité un peu plus de "peps".
Ma note : 14/20

Une belle chronique du New York des années 50, à travers le quotidien de cinq jeunes dactylos. Un roman au charme désuet, qui se lit comme un documentaire.
Ma note : 15/20

Un double livre très drôle, qui décrypte avec beaucoup d'humour les comportements humains du point de vue des chats. Idéal pour les malicieux et les amis des chats.
Ma note : 16/20

Juste une ombre de Karine Giebel
Une superbe découverte ! Un thriller psychologique exactement comme je les aime : bourré de suspense, surprenant, diabolique et terriblement bien écrit. Je vous le conseille vivement si vous n'êtes pas trop sensible et vais m'intéresser de près aux autres romans de Karine Giebel.
Ma note : 18/20
Et vous, qu'avez-vous lu ce mois-ci ?

Cela faisait déjà quelque temps que j’avais repéré ces deux livres qui figuraient en bonne position dans ma wish-list. Alors, lorsque les éditions Pocket m’ont proposé la version poche, j’ai évidemment sauté sur l’occasion ! Un petit livre très drôle qui plaira à coup sûr à tous les amateurs d’humour et de jeux de mots félins.
Chat va vous faire rire !*
Dans cette version poche, les éditions Pocket ont joué la carte de l’originalité en rassemblant les deux livres en un seul volume, d’une manière que l’on peut retrouver dans certaines éditions jeunesse par exemple : pour passer de l’un à l’autre, il suffit de retourner le livre, un format pratique et agréable, qui n’empiète pas sur le confort de lecture.
Comment aimer son maître quand on est un chat et Comment domestiquer son maître quand on est un chat adoptent tous deux le même principe : le point de vue d’un chat sur l’homme, cette grosse brute indisciplinée. Le premier se concentre uniquement sur l’amour sous toutes ses formes (de l’amour platonique à l’amour tarifé), tandis que le second est plutôt une sorte de vade-mecum, de guide de survie du chat en territoire humain (comprenant tous les trucs et astuces pour faire croire à l'homme que c'est lui, le maître du logis). C’est hilarant d’un bout à l’autre, à condition d’apprécier l’humour vache et les jeux de mots parfois un poil lourdingues.
Heureux propriétaires de chats, vous reconnaîtrez votre facétieux animal dans bien des situations, ses attitudes parfois distantes, ses bêtises, ses câlins, et vous vous reconnaîtrez vous, gaga devant cette petite boule de poil qui vous mène par le bout du nez.
Enfin, pour ceux que les minous laissent indifférents, Comment aimer son maître quand on est un chat peut être tout aussi drôle (car il se concentre bien plus sur les tares humaines que sur celles des félins), mais il perd tout de même un peu de son charme.
Comment aimer son maître quand on est un chat / Comment domestiquer son maître quand on est un chat de Monique Neubourg, Pocket, 2013, 247 pages
Je remercie chaleureusement les éditions Pocket qui m’ont gracieusement envoyé ce livre.
* Désolée pour ce jeu de mots pourri, mais je reste dans le thème et dans le ton de l'ouvrage :)

Sois belle et marie-toi
Caroline, April, Barbara, Gregg et Mary Agnes, toutes ont un point commun : elles attendent patiemment le jour de leur mariage pour qu'enfin leur (vraie) vie commence. En attendant leur heure, elles travaillent au pool des dactylo d'une grande maison d'édition. Pour certaines comme Mary Agnes, ce boulot n'est qu'une obligation sociale, histoire d'occuper leur temps utilement avant de trouver un homme à épouser. Pour d'autres comme Caroline, ce passe-temps se transforme en véritable sacerdoce, donnant un sens à leur vie.
Prises en tenaille entre le boom libertaire de l'époque et le poids des conventions toujours présentes, les cinq jeunes femmes sont à la fois témoins et actrices de l'évolution en profondeur de toute la société américaine. Si elles ont désormais accès à des postes clés, il semble naturel qu'une femme démissionne lorsqu'elle se marie pour vivre au crochet de son époux. Alors que les jeunes hommes réclament à corps et à cri des relations sexuelles hors mariage, une femme qui n'est pas vierge avant de s'être mariée est encore considérée comme une traînée.
Enorme succès de librairie à sa parution en 1958, Rien n'est trop beau décrit l'évolution de la femme dans une société encore largement dirigée par les hommes. Pour l'écrire, Rona Jaffe s'est inspirée des quatre années qu'elle a passées comme secrétaire dans une maison d'édition, et s'inspire donc de sa propre expérience pour décrire le quotidien de ses personnages. Résultat, le récit est authentique, vivant et a la portée d'un documentaire. C'est la charmante chronique d'une époque qui n'est finalement pas si lointaine de la nôtre...
Rien n'est trop beau de Rona Jaffe, le Livre de Poche, réédité en 2012, 669 pages

L’enfer, c’est le voisin du dessus
Colombe Barou est une femme ordinaire, sans histoire. Epouse et mère, elle ne fait d’ombre à personne et mène une vie plate et sans relief. Lorsqu’elle emménage dans son nouvel appartement, sa vie bascule. La raison de cette descente aux enfers ? Un voisin du dessus tyrannique et machiavélique qui s’évertue méthodiquement à lui gâcher l’existence…
Mon avis sur ce roman est assez paradoxal : j’ai réellement apprécié sa lecture (bien que je n’ai pas été littéralement « plongée » dedans), mais les remarques qui me viennent à l’esprit à l’heure d’écrire cette chronique sont plutôt en demi-teinte. Pour moi, ce roman, alors qu’il s’ouvre sur une intrigue au potentiel fort, manque de piquant à cause d’une unique chose : le personnage de Colombe. En effet, l’héroïne, omniprésente et unique point de focalisation du récit, est gauche, mollassonne, cul-cul. Bref, elle manque cruellement de caractère et son manque de personnalité affecte directement le rythme du roman, sans qu’aucun personnage plus « punchy » (à part peut-être sa sœur, mais elle n’apparaît pas si souvent) ne vienne contrebalancer et cadencer l’ensemble.
Au niveau de l’intrigue, j’ai été réellement surprise par le caractère machiavélique, voire désaxé du voisin de Colombe. Je ne m’attendais pas vraiment à un tel comportement et j’espère ne jamais croiser une personne de ce genre dans ma vie.
Côté style, j’ai trouvé l’écriture de Tatiana de Rosnay sobre, très axée sur la psychologie des personnages. On est là en plein centre des émotions de Colombe, et l’effet obtenu est plutôt réussi.
Ainsi, malgré un personnage principal que j’aurais aimé secouer par moments, j’ai plutôt passé un bon moment avec Le Voisin, sans toutefois pouvoir qualifier ce roman d’inoubliable.
Le Voisin de Tatiana de Rosnay, France Loisirs, rééd. 2012, 248 pages

Quel plaisir de retrouver les personnages si attachants de la trilogie de Katherine Pancol. Ce roman frais, touchant et optimiste a embelli mon été et c'est avec un pincement au cœur que j'ai achevé cette trilogie.
Les amoureux sont tristes quand ils sont seuls
Après la tragédie à laquelle elle a dû faire face (dans La valse lente des tortues), Joséphine est rongée par le doute et la culpabilité. Celle qui a accompli tant de choses se rabaisse à nouveau. Encouragée par son éditeur, ses filles et son amie Shirley, elle relève enfin la tête et s'atèle à l'écriture d'un nouveau roman.
Dans ce troisième tome, les personnages continuent leur évolution : Hortense poursuit sa quête de célébrité dans le monde de la mode, Zoé entre dans l'adolescence, Alexandre apprend à vivre sans sa mère, Henriette prépare sa vengeance, et j'en passe et des meilleures. C'est un réel plaisir de tous les retrouver, de partager les petits et grands moments de leur vie. Une fois encore, Katherine Pancol prouve que ses personnages ne sont pas seulement des êtres de papier, mais de véritables êtres auxquels le lecteur s'attache comme à de vraies personnes.
Ici, plus que dans les deux tomes précédents, l'amour occupe une place centrale. Joséphine et Philippe, Hortense et Gary, Zoé et Gaétan, Shirley et son mystérieux inconnu... que l'on ait 15, 20 ou 40 ans, être amoureux rend toujours tout chose et donne des papillons dans le ventre. On se tourne autour, on s'aime, on se hait, on se repousse, avant d'enfin tomber dans les bras l'un de l'autre. Avec beaucoup de simplicité, Katherine Pancol décrit parfaitement les comportements que l'amour peut engendrer.
A la fois extraordinaires et pleines de simplicité, les aventures que vivent les personnages du roman sont une belle tranche de vie dans laquelle chacun pourra se reconnaître. En créant des personnages auxquels chaque lecteur peut s'identifier, Katherine Pancol a fait la force de sa trilogie, qu'il est décidément bien difficile de refermer.
Les écureuils de Central Park sont tristes le lundi de Katherine Pancol, Le Livre de Poche, 2011, 939 pages
Lisez mon avis sur :
Les yeux jaunes des crocodiles (tome 1)
La valse lente des tortues (tome 2)

Le grand amour commence par SM...
Quiconque a un tant soit peu écouté le bruit qui a accompagné la sortie du livre en connaît l'histoire : Anastasia Steele, naïve étudiante en littérature, fait la rencontre de Christian Grey, homme d'affaires richissime à l'ego surdimensionné. Ayant mis le grappin sur la jeune donzelle, Grey la harcèle jusqu'à ce que celle-ci accepte de partager avec lui ses fantasmes sado-masochistes...
J'ai certes un peu forcé le trait dans mon résumé de l'intrigue, mais pas tant que ça finalement. Parce que la première chose que je dois vous signaler, c'est que ce roman est dépourvu d'intrigue : les choses sont posées pratiquement dès le départ, et les 500 pages du bouquin consistent à enchaîner les scènes érotiques dans des lieux différents. Ah si, entre deux ébats, vous avez également droit aux épanchements coupables de la pauvre Ana, qui comprend qu'elle se fait rouler dans la farine par un pervers, ce qui ne l'empêche pourtant pas de se jeter à nouveau dans ses bras à la prochaine rencontre.
Comprenez-moi bien : le sujet sado-masochiste en soi ne me dérange pas, mais encore faut-il que l'intrigue soit intéressante. D'ailleurs, les scènes érotiques qui pullulent dans ce livre ne sont pas si choquantes que l'on veut bien nous le faire croire : ouvrez n'importe quel roman contemporain (Blue Jay Way de Fabrice Colin, par exemple), et vous y trouverez des scènes plus réalistes et parfois plus dérangeantes. Ici, les scènes sont, à quelques détails près, toutes les mêmes, et l'on finit par vite s'ennuyer. Les personnages, creux, agaçants au possible et pas attachants pour deux sous, ne rattrapent malheureusement pas l'ensemble.
Enfin, la dernière chose que je déplore dans ce livre est le style : pauvre, redondant et vulgaire. Les répétitions y sont tellement nombreuses que vous pouvez prédire à l'avance quels mots seront utilisés pour décrire les (mêmes) situations : "Je me mordille la lèvre intérieure", "Oh mon dieu !", "Et maintenant, je vais vous baiser, Ana Steele". Et là, nous en venons au fait : est-il indispensable, dans un roman érotique, d'user d'un langage vulgaire pour éveiller le désir du lecteur ? Pire, quel est l'intérêt de placer, dans la bouche d'une jeune fille, qui plus est étudiante en littérature, des mots comme "merde" et "oh putain" à chaque page ? Je ne suis pas une adepte du langage châtié, ne vous méprenez pas, mais je me demande simplement ce que ces jurons apportent au récit !
Bref, vous l'aurez compris, cette lecture a été très pénible et n'a éveillé aucun fantasme chez moi. J'ai été atterrée par la stupidité de l'héroïne, l'antipathie dégagée par Grey et la pauvreté de l'écriture. Il semblerait que, sur les trois tomes de la trilogie, ce premier opus soit le moins bon : je n'exclus donc pas la possibilité de lire la suite un jour. Mais ce ne sera décidément pas pour maintenant, laissez-moi me remettre de cette mauvaise expérience d'abord.
Cinquante nuances de Grey, tome 1 de E.L. James, JC Lattès, 2012, 551 pages

Une enquête rondement menée, une intrigue surprenante, un Harry Bosch toujours aussi attachant… avec Volte-face, Michael Connelly est au sommet de son art, pour le plus grand plaisir du lecteur.
Du côté de l’accusation
Vingt-quatre ans après sa
condamnation pour le meurtre d’une fillette de douze ans, Jason Jessup est
relâché après qu’une analyse ADN semble le disculper. Mais le bureau du
procureur de Los Angeles ne l’entend pas de cette oreille, et confie le dossier
à Mickey Haller, habituellement avocat à la défense, dans le but de renvoyer
Jessup en prison. Pour mener à bien cette affaire qui semble perdue d’avance,
Haller impose son demi-frère, Harry Bosch, comme enquêteur et reprend le
dossier depuis le début.
Cette fois-ci, Harry Bosch partage la vedette avec son
demi-frère, Mickey Haller, qui se retrouve narrateur. L’originalité de ce
récit est qu’il comporte deux "pôles" : le procès, de la préparation au verdict d’une part, et l’enquête d’Harry Bosch qui lui est liée,
d’autre part. Malgré quelques sous-entendus que l’on comprendra certainement
mieux si l’on a lu les romans précédents de Connelly, les deux frères
travaillent main dans la main pour gagner leur procès.
A mis chemin entre le polar et le thriller juridique, Volte-face est un roman diablement
efficace, au suspense entier. Une fois l’intrigue mise en place, le récit se
déroule de lui-même et vous assistez,
comme si vous y étiez, au procès qui s’écrit sur les pages. Comme dans une
bonne série judiciaire, vous êtes happé
par l’intrigue et vous prenez le final en pleine face. Car Connelly, même
après une vingtaine de romans mettant en scène Harry Bosch, parvient encore une
fois à surprendre son lecteur, et
c’est ce qui fait le succès de ses livres.
Volte-face de Michael Connelly,
Le Livre de Poche, 2013, 528 pages

L.A., antichambre de l'enfer
Jeune franco-américain en recherche d'identité, Julien devient le précepteur de Ryan, fils à la dérive d'une romancière à succès et de son ex-mari producteur à Hollywood. Il s'installe à Blue Jay Way, la somptueuse villa dans laquelle Ryan et ses amis mènent une existence dépravée et désœuvrée. Séduit par cette vie douceâtre et sans conséquences, Julien engage une relation avec Ashley, la nouvelle épouse du père de Ryan. Jusqu'à ce que sa disparition précipite le jeune homme dans un enfer brûlant où la réalité se mêle à la fiction.
Attendez-vous à être dérouté par ce roman qui mélange avec brio thriller, policier et réflexions philosophiques sur un monde moderne dans lequel il est de plus en plus dur de trouver sa place. Avec un suspense insoutenable, Fabrice Colin déploie une triple intrigue (l'histoire de Julien et deux intrigues secondaires qui n'ont, à première vue, rien en commun) de laquelle il est impossible de se détacher. Les personnages sont profonds, travaillés, et suscitent sympathie ou dégoût, mais ne laissent pas indifférent.
Ecrit dans un style pur et réaliste, parfois trash, Blue Jay Way met en scène une Los Angeles maléfique, à l'atmosphère lourde, une ville diabolique qui semble irréductiblement attirer ses habitants vers le vice. Les scènes de sexe violent, de soirées dissolues et l'oisiveté de la jeunesse dorée d'Hollywood constituent un clin d’œil insistant à l'œuvre de Bret Easton Ellis, la provocation en moins.
S'il ne plaira certainement pas à tout le monde, Blue Jay Way est un excellent roman ultra contemporain dont le final vous mettra une claque en pleine figure.
Blue Jay Way de Fabrice Colin, Le Livre de Poche, 2013, 552 pages
Une lecture, un avis court, une note !
Pour lire mes avis détaillés (quand il y en a) sur chaque livre, cliquez sur le titre.
J'ai gardé mon rythme de lecture tranquille au mois d'août avec 4 livres : 3 tops et un gros flop !

Blue Jay Way de Fabrice Colin
Dans un univers tordu à la Bret Easton Ellis, Blue Jay Way est un roman déroutant à la frontière entre le thriller et la littérature contemporaine, dont le dénouement vous mettra une claque en pleine figure.
Ma note : 15/20

Les écureuils de Central Park sont tristes de lundi de Katherine Pancol
Ce fut un réel plaisir de retrouver tous les personnages de cette trilogie fraîche et pleine de vie et je vous avoue avoir éprouvé un pincement au cœur en refermant ce livre. Si vous n'avez pas encore lu cette trilogie, lancez-vous !
Ma note : 18/20

Volte-face de Michael Connelly
Ah, Harry Bosch, je ne me lasse toujours pas de lui ! Encore une fois, Michael Connelly signe un roman addictif, savant mélange de thriller juridique et de polar terriblement efficace et diaboliquement plaisant.
Ma note : 17/20

Cinquantes nuances de Grey d'E.L. James
Après trois lectures excellentes, il fallait bien un gros flop ! J'ai lu ce roman par curiosité, pour me forger mon propre avis, indépendant de tout ce qui peut en être dit. Et le constat est accablant : si le thème ne m'a pas choquée en soi (et ce n'est d'ailleurs pas si choquant), je me suis ennuyée tout au long de la lecture. Les personnages creux et sans saveur, l'intrigue inexistante, la répétition des mêmes scènes tout au long du livre et le style médiocre ont eu raison de ma patience.
Ma note : 8/20
Et vous, qu'avez-vous lu ce mois-ci ?

D'une histoire qui pourrait être banale, Erin Kelly a écrit un thriller au suspense insoutenable. Sombre et puissant, L'arbre au poison est un petit bijou d'une poésie envoûtante.
L'amitié toxique
Brillante étudiante au Queen Charlotte's College à Londres, Karen a une vie bien rangée et un avenir déjà tout tracé. Jusqu'à ce qu'elle rencontre Biba, une actrice en herbe exubérante qui vit dans une gigantesque demeure délabrée avec son frère Rex. Aussitôt liée à Biba par une amitié hors du commun, Karen va vivre l'été le plus inoubliable de sa vie, avant que celle-ci ne bascule...
Dès les premières pages, il est évident qu'un drame s'est produit cet été-là et a changé la vie de tous les personnages. En alternant le récit au passé et au présent de la vie de Karen, l'auteur déroule peu à peu les faits sans longueurs ni ennui. Au fil des pages, l'univers s'opacifie, le suspense devient lourd et le roman envoûtant. L'histoire de Karen et son amitié avec Biba et Rex est aussi captivante et dangereuse qu'un arbre magnifique mais vénéneux.
Avec des mots légers mais lourds d'émotion, écrits d'une plume poétique, Erin Kelly met doucement en place un univers sombre et mélancolique, un monde ensorcelant mais menaçant, où une amitié extraordinaire n'a d'égale qu'une ingratitude insensée. En refermant ce livre, j'ai ressenti un douloureux sentiment de tristesse, mais je reste éblouie par la puissance qui émane de ce premier roman au timbre si particulier.
L'arbre au poison d'Erin Kelly, Le Livre de Poche, 2013, 473 pages

Berlin, 1944. La guerre tourne mal pour l'Allemagne et les nazis aux abois tentent de faire oublier leur passé trouble pour ne pas être faits prisonniers à la libération, tandis que les civils tentent tant bien que mal de survivre aux bombardements des Britanniques. Énième fiction sur fond de Seconde Guerre Mondiale, Deux dans Berlin se démarque avec brio par son intrigue originale dénuée de pathos et son style ultra-réaliste.
A la faveur d'un raid aérien, Ruprecht Haas, ancien commerçant dénoncé à la Gestapo, parvient à s'échapper du camp de Buchenwald et regagne Berlin pour se venger de ceux qui l'ont dénoncé. Parallèlement, Hans-Wilhelm Kalterer, officier SS blessé sur le front de l'est, est rapatrié à la capitale et reprend ses fonctions d'inspecteur de la police criminelle, où il enquête sur le meurtre d'un haut fonctionnaire nazi. Au milieu des bombardements s'engage une chasse à l'homme dont le dénouement ne peut être que tragique.
Dès les premières pages, on est plongé dans l'univers chaotique d'une Allemagne agonisant sous le poids des bombes alliées. Civil ou nazi, bon ou mauvais, chaque individu doit mener une lutte de tous les instants pour survivre au prochain bombardement, une journée de plus. Au centre de ce tableau, les deux protagonistes, Haas et Kalterer, évoluent tant bien que mal, guidés par leur quête de vengeance et de vérité. Au fil des chapitres, on en apprend plus sur le passé de ces deux hommes que tout semble opposer. Mais s'il est une chose à retenir de la guerre, c'est que si les nazis sont des sales types, les civils ne sont pas tous des enfants de chœur et chacun a, à un moment ou à un autre, sa responsabilité dans les déportations, la violence et l'horreur.
Avec un style très réaliste qui montre la guerre en gros plan, Richard Birkefeld et Göran Hachmeister signent là un roman original et très documenté. Malgré les scènes atroces, Deux dans Berlin est un livre passionnant qui propose, sans tomber dans le pathétique facile, une réflexion profonde sur la responsabilité de chacun dans la guerre.
Deux dans Berlin de Richard Birkefeld et Göran Hachmeister, Le Livre de Poche, 2013, 528 pages

Après avoir découvert et aimé Stephen King avec Dôme et Running Man, dans le but de me familiariser avec son (immense) oeuvre et sur les conseils appuyés de mon amie MademoizelleBreizh, je me suis plongée dans la lecture d'un de ses romans les plus célèbres : Misery, qui fut un véritable coup de cœur.
Le mal s'appelle Annie
Je vous avertis tout de go : en ouvrant Misery, attendez-vous à plonger dans un univers oppressant et terrifiant, dont vous vous souviendrez longtemps. Paul Sheldon, romancier à succès et créateur du personnage littéraire de Misery, pourrait vous en dire long. Victime d'un accident de voiture sur une route enneigée, il ne s'attendait pas à être recueilli par Annie, une petite femme à la santé mentale fragile qui se dit être son "admiratrice numéro un". Mais pour elle, Paul Sheldon a commis un acte pour lequel il doit payer : il a osé faire mourir la pauvre Misery. Commence alors un huis clos qui ressemble bien à l'enfer sur terre.
Déjà à la lecture de Dôme, j'avais été épatée par le talent de Stephen King pour décrire les pulsions humaines les plus viles. Ici, Annie se situe toujours au bord de la folie et le calvaire de Paul Sheldon ne semble jamais prendre fin. Sans jamais faire appel au fantastique, Stephen King parvient à mettre son lecteur dans un état de terreur absolument effrayante. Tout au long de ma lecture, je me suis répété une chose : je ne veux jamais, au grand jamais, me retrouver à la place de Paul Sheldon. Pour autant, cela ne m'a pas empêché d'engloutir les pages à une vitesse phénoménale.
Car c'est là que réside la force de Misery : le suspense y est insoutenable et la terreur éprouvée à la lecture intense, mais le récit est tellement addictif que l'on continue la lecture, les yeux mi-clos, dans l'attente d'un nouveau rebondissement qui nous fera frémir. Enfin, la profusion de détails qui rendent les scènes extrêmement réalistes et la description quasi psychiatrique des réactions des personnages contribuent grandement à la véracité du récit et à l'état psychologique quelque peu tendu du lecteur. Bref, on s'y croirait et pour m'avoir tant fait frissonner à la lecture : chapeau.
Misery de Stephen King, Le Livre de Poche, rééd. 2009, 391 pages
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